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Le #MeToo bouleverse le monde de la musique avec une nouvelle affaire
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Illustration - Le mouvement #MeToo libère la parole dans l'industrie musicale (Peter Stark)
Illustration - Le mouvement #MeToo libère la parole dans l'industrie musicale (Peter Stark) ©Getty

Le #MeToo bouleverse le monde de la musique avec une nouvelle affaire

Le mouvement #MeToo bouleverse l'industrie musicale avec de nouveaux témoignages, sous le hashtag #MusicToo.

La libération de la parole sur les violences sexuelles prend de plus en plus d'ampleur, et se déploie dans de nombreux domaines. Ici, il s'agit de l'industrie musicale, bouleversée à la suite de nouveaux témoignages. Artistes ou salariés de l'industrie, les agresseurs endossent divers rôles dans le secteur. 

Artistes et agresseurs 

De nombreux artistes ont fait l'objet d'accusations accablantes, le dernier en date à rejoindre cette liste noire est le chanteur Marylin Manson, accusé de violences sexuelles par son ex-conjointe, l'actrice Evan Rachel Wood. En France, l'industrie n'a pas été épargnée avec le rappeur Moha La Squale, dénoncé par plusieurs jeunes femmes qui ont partagé sa vie, pour des faits de viol, violence et séquestration. Ces affaires aussi terribles qu'elles soient ont permis de lever le voile sur des agissements jusqu'ici ignorés voir protégés dans une industrie dominée par les hommes. 

Ces bouleversements ont vu naître des collectifs et autres organismes dédiés à la mise en avant de la parole de victimes, comme Music Too France, qui dénonce "une filière professionnelle parfois dangereuse, souvent toxique pour les femmes, pour la communauté LGBTQIA+ et les personnes racisées sous représentées" comme le rapporte France Info.

Un sexisme banalisé

Si le combat continue et semble apporter une légère lueur d'espoir, de nouveaux constats témoignent d'un combat qui sera encore long à mener. Une autre affaire met en cause un autre rappeur, Retro X, membre du label français indépendant Because Music, accusé de viol par cinq femmes. Une situation qui a permis de mettre la lumière sur des comportements et des agissements sexistes au sein même des coulisses. 

Un climat lourd dénoncé par des salariées : "Ce sont les victimes d'artistes agresseurs qui ont permis de mettre en lumière ce qui se passe dans les coulisses de cette industrie en osant mettre en cause des individus célèbres" témoigne Lola Levent, la fondatrice de Diva, une plateforme pour dénoncer le sexisme dans la musique. Elle rapporte également :  "En fait, le label lui-même maintenait un état d'esprit sexiste, voire pire. Tout ça, ce n'est pas du hasard. C'est significatif des rapports de force entre les hommes et les femmes dans cette industrie. C'est significatif de l'invisibilisation de la parole des femmes__." 

Prises de conscience et sanctions

Toujours selon France Info, des protocoles ont été mis en place chez Because Music, assurant une meilleure protection légale des victimes. Par exemple le règlement intérieur stipule à présent que les nouveaux contrats peuvent être rompus si un artiste est impliqué dans une affaire de violences sexuelles. Une initiative concrète à titre d'exemple mais encore de l'ordre de l'exceptionnel car trop peu répandue. 

Toujours selon vier, le Centre National de la musique (CNM) a adopté un nouveau protocole qui requiert de "Former les directions et les équipes d'encadrement sur le sujet des violences sexuelles et sexistes, faire de l'information sur la prévention des risques dans leur entreprise, mettre en place un dispositif interne de signalement et de traitement des signalements" comme l'a annoncé  Karine Huet, du Syndicat national des artistes musiciens. Un protocole auquel devront se soumettre les entreprises de l'industrie musicale si elles ne veulent pas voir leur accès aux aides du CNM suspendues. 

Rappel important : pour les personnes victimes d'agressions, de viols...vous pouvez contacter le 17 (police) ou le 3919 (Violence femme info).