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La présence d’une étudiante voilée a provoqué le départ de députés lors d’une réunion
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Maryam Pougetoux à l'Assemblée Nationale
Maryam Pougetoux à l'Assemblée Nationale

La présence d’une étudiante voilée a provoqué le départ de députés lors d’une réunion

Jeudi 17 septembre, des députés Les Républicains et La République en marche ont quitté une commission d’enquête consacrée à l’impact de la crise sanitaire sur les jeunes car la représentante d’un syndicat étudiant était voilée.

Maryam Pougetoux est la vice-présidente de l’Union nationale des étudiants de France (Unef). Jeudi 17 septembre, la jeune femme a provoqué le départ de certains députés lors d'une table-ronde qui se déroulait à l’Assemblée Nationale. La raison de leurs départs ? Le voile que portait la jeune femme.

Le député LR du Pas-de-Calais, Pierre-Henri Dumont, a déclaré avant de quitter la salle :

Un syndicat étudiant auditionné a fait le choix d’enfreindre le principe même de laïcité auquel doit s’astreindre notre Assemblée. Face à cet acte politique communautariste délibéré, les députés LR décident de quitter cette audition. 

Pourtant, le règlement de l'Assemblée Nationale n'interdit pas le port du voile, ni aux visiteurs, ni aux participants des commissions. La présidente LaREM de la commission des affaires culturelles, Sandrine Mörch, l'a d'ailleurs précisé juste après la prise de parole du député LR : 

Aucune règle n’interdit le port de signe religieux dans le cadre de nos travaux pour les personnes auditionnées.

La député LaREM, Anne-Christine Lang, a elle aussi décidé de quitter l'Assemblée.

Maryam n’a pas réagi et a continué de s’exprimer devant la commission comme si de rien n’était. L’Unef a publié des tweets soutenant leur vice-présidente :

Mouv’ a contacté la présidente de l’Unef, Mélanie Luce : "Nous sommes particulièrement choqués de voir qu’il faut encore apprendre la différence entre la laïcité et l’islamophobie à certains députés. [] L’Assemblée Nationale est censée être un lieu qui représente la population, donc le message qu’on envoie à ces femmes qui portent le voile c’est qu’elles ne sont pas les bienvenues dans ce lieu-. C’est un très mauvais message."

En mai 2018, Maryam Pougetoux, alors présidente de l’Unef, avait déjà été critiquée suite à une interview sur M6. Elle avait été victime de cyber-harcèlement, notamment de la part de certains membres du gouvernement de l’époque. Par exemple, Marlène Schiappa, qui était Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, s'était interrogée sur le choix de l'Unef de prendre comme porte-parole "une personne qui a des signes manifestes de promotion de l'islam politique."

Maryam avait affirmé que le port du voile n'était pas à ses yeux "un symbole politique".

Le cyber-harcèlement est puni par la loi, au même titre que le harcèlement classique. La punition peut s'élever jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30 000€ d'amende.