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"En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut" : Moreno répond à Blanquer
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Elisabeth Moreno, Ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes - Elko Hirsch / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Elisabeth Moreno, Ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes - Elko Hirsch / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP ©AFP

"En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut" : Moreno répond à Blanquer

Les propos de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale, estimant que les élèves doivent venir à l'école avec une "tenue républicaine" ont divisé jusqu'au gouvernement. A commencer par Elisabeth Moreno, la ministre chargée de l'égalité femmes-hommes, qui lui a répondu.

Jean-Michel Blanquer avait déjà employé des mots énigmatiques concernant les tenues vestimentaires des élèves le 14 septembre, sur BFMTV. Le ministre avait alors qu'il fallait "s'habiller normalement et tout ira bien". Il avait appelé les jeunes filles à se plier au règlement intérieur, estimant qu'il s'agissait d'une question de "bon sens". Puis, il a récidivé quelques jours plus tard au micro de RTL en enfonçant le clou :

"L'école n'est pas un lieu comme les autres. Vous n'allez pas à l'école comme vous allez à la plage ou en boîte de nuit (...) Chacun peut comprendre qu'on vient à l'école habillé d'une façon républicaine."

Les termes ne sont pas passés inaperçus puisque personne n'a la moindre idée de ce qu'est une tenue "républicaine" (même pas Cristina Cordula qui, d'ailleurs, ne s'est pas exprimée sur le sujet...). Cette sortie médiatique a mis dans l'embarras des membres du gouvernement. La ministre chargée de l'égalité femmes-hommes Elisabeth Moreno a fait preuve de bon sens puisqu'elle a pris position en déclarant au Parisien :

En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut. Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s’affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n’a pas de prix.

La ministre a ajouté :

"C’est aussi un enjeu d’éducation des jeunes garçons, du rapport qu’ils entretiennent aux jeunes filles et lié aux valeurs de respect."

Elisabeth Moreno a reçu le soutien de plusieurs femmes du gouvernement, la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher a déclaré sur FranceInfo :

Ce qui me gêne, c'est que la consigne porte plus sur les filles que sur les garçons.

Marlène Schiappa, la ministre déléguée à la Citoyenneté avait apportée son soutien aux jeunes filles qui participaient au mouvement féministe qui consiste à encourager toutes les filles à s’habiller comme elles le désirent, #lundi14septembre :

"Des jeunes filles ont décidé spontanément partout en France de porter jupes, décolletés, crop top ou maquillage pour affirmer leur liberté face aux  jugements et actes sexistes. En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration"

Elle a souligné son désaccord avec Jean-Michel Blanquer au micro de RTL. C'est lors d'une conversation avec sa fille, collégienne, que Marlène Schiappa a compris l'importance de soutenir les jeunes filles et de prendre la parole :

"Ils nous disent qu'ils ne veulent plus supporter des règlements intérieurs qu'ils considèrent comme sexistes parce qu'ils autorisent de nombreuses tenues pour les garçons, comme les shorts, et qu'ils interdisent ces mêmes tenues pour les filles. Ils trouvent qu'il y a une forme de sexisme dans ces interdictions. Et c'est cela que je soutiens. La liberté pour les femmes de choisir la façon dont elles sont vêtues est un vieux combat féministe".

Des prises de positions qui prennent tout leur sens à la lumière de l'actualité, puisqu'une jeune femme s'est fait agresser en pleine rue par trois hommes car elle portait une jupe. Personne n'était intervenu pour l'aider.