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La culture du cannabis "bien-être" doit être étudiée selon plusieurs députés
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Economiquement, la France pourrait bénéficier d'une commercialisation de certains produits issus de la culture du chanvre.
Economiquement, la France pourrait bénéficier d'une commercialisation de certains produits issus de la culture du chanvre. ©Getty

La culture du cannabis "bien-être" doit être étudiée selon plusieurs députés

Un marché important sous-exploité est celui de la culture du chanvre selon Jean-Baptiste Moreau et d'autres députés LREM. Ils demandent une mission d'information à l'Assemblée nationale sur les produits qui ont un principe actif non psychotrope (moins de 0,2% de THC).

La France est le premier producteur de cannabis, mais la réglementation y est très stricte. Seize députés LREM (La République En Marche) déclarent souhaiter que la question de l'usage "bien-être" du cannabis soit étudiée, car le chanvre constitue pour eux "des débouchés considérables" pour l'agriculture française. Mouv' a interrogé l'un des signataires du communiqué, le député Jean-Baptiste Moreau, un agriculteur.

En plus de la question de l'emploi, ces produits au taux de THC inférieur à 0,2% favoriseraient "la réduction du stress et de l'anxiété, l'amélioration du sommeil et de la récupération et peuvent être consommés sous forme alimentaire, liquide, vaporisé ou de produits cosmétiques". En gros, pas du cannabis récréatif ou thérapeutique, mais des compléments alimentaires, des cosmétiques ou encore des fleurs séchées pour la vaporisation et l'infusion.

L'autorisation de la commercialisation de ces produits pourraient rapporter un milliard d'euros en France.

Mais un flou juridique existerait sur la consommation et la commercialisation de ces produits. En conséquence selon eux, la France "sur-transpose la réglementation européenne" en interdisant "les produits issus de la fleur du chanvre" et en autorisant le chanvre "au seul commerce des fibres et des graines" utilisé pour l'industrie textile et le bâtiment notamment. Les acteurs français ne se développeraient donc pas, pendant que les consommateurs français importent d'autres pays européens.

22 pays européens sur 27  ont adopté le cannabis "bien-être"

Il n'y a pas qu'une différence de degré entre le cannabis bien-être et les autres selon le député Jean-Baptiste Moreau : "Le taux de THC est bien inférieur et surtout le "bien-être" n'a aucun effet euphorisant, il a juste un effet relaxant. Vous pouvez en prendre les quantités que vous voulez, ça ne vous fera rien niveau euphorisant ou addiction. C'est la même plante, mais ce n'est pas la même variété et pas la même exploitation."

Un pas vers la légalisation ?

Est-ce que c'est une première étape vers une dépénalisation ? "C'est indépendant, on peut très bien passer au "bien-être" sans aller vers la légalisation, comme en Allemagne ou en Italie où ils autorisent le bien-être sans avoir dépénalisé la totalité." Mais lui il en pense quoi de la légalisation ? "__C'est à étudier. Ce qui est certain c'est qu'en France, on a une des politiques les plus répressives sur la consommation de cannabis, et on a une des plus grosses économies parallèles. On ne peut que constater aujourd'hui que notre politique répressive est un échec. Quelle est la solution ? Le cannabis à usage récréatif pose aussi un certain nombre de problèmes de santé publique, que ça soit au niveau de la conduite, ou sur le cerveau, ce n'est pas neutre du tout. Mais aujourd'hui ce n'est pas la question" a conclu Jean Baptiste Moreau.