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"Symptôme de la précarité en France", l'étudiant Anas témoigne un an après s'être immolé par le feu à Lyon
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Le geste d'Anas avait entrainé en 2019 une vague de manifestations contre la précarité partout en France (PHILIPPE DESMAZES)
Le geste d'Anas avait entrainé en 2019 une vague de manifestations contre la précarité partout en France (PHILIPPE DESMAZES) ©AFP

"Symptôme de la précarité en France", l'étudiant Anas témoigne un an après s'être immolé par le feu à Lyon

Avant de passer à l'acte devant le Crous, cet étudiant originaire de Saint-Etienne avait rédigé une lettre pour dénoncer la précarité des étudiants. Il avait lui même des difficultés financières. Un an après son geste, il témoignage auprès de nos confrères de France Bleu Saint-Etienne Loire.

"Je suis brulé sur 75% du corps et il me reste quelques plaies, des brûlures assez marquées." Un an après s'être immolé par le feu devant un bâtiment du Crous à Lyon, Anas témoigne auprès de nos confrères de France Bleu Saint-Etienne Loire. L'étudiant stéphanois poursuit : "Je suis sous médicaments en permanence, sous morphine, sous différents antidépresseurs." 

Le 8 novembre 2019, Anas, alors âgé de 22 ans, rédige une lettre pour témoigner de ses difficultés financières, dénoncer la précarité étudiante et passe à l'acte. Un geste qui entraînera de nombreuses manifestations étudiantes partout en France.

"J'ai fait un geste qui doit avoir une utilité"

Si il refuse d'être considéré comme un "symbole de la précarité" il dit avoir le devoir de s'exprimer. "J'ai fait un geste qui doit avoir une utilité", poursuit Anas. "Je suis un symptôme de la précarité en France__. [...] Dans mon centre de rééducation, il y a plusieurs personnes qui se sont brulées elles-même. Je ne suis pas le seul. La plupart du temps, ces gens là sont précaires et ils ne laissent pas de testament politique. Moi j'en ai laissé un."

Malgré de très lourdes séquelles physiques, il a repris ses études et souhaite "revenir lutter" au sein de son syndicat et d'associations. Dans un post publié sur Facebook, il lance un appel "à toutes les personnes" qui le liront "de lutter pour leurs droits". "Ce n'est pas dans la passivité qu'on arrive à défendre, et encore moins à gagner, de bonnes conditions de vie. Cela est encore plus vrai au temps où les populations les plus précaires sont bouleversées par la maladie du Coronavirus" écrit également Anas.

En cette rentrée particulière, marquée par la crise sanitaire, l'Unef a également alerté sur l'augmentation de la précarité des étudiants.