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Harcèlement : Ubisoft au cœur de la tourmente
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Yves Guillemot le PDG d'Ubisoft en  2018
Yves Guillemot le PDG d'Ubisoft en 2018 ©AFP

Harcèlement : Ubisoft au cœur de la tourmente

Selon une enquête lancée par l’entreprise elle-même, un employé sur 4 déclare avoir été victime ou témoin de "mauvaises conduites au travail".

En juillet dernier alors que plusieurs salariés dénonçaient des cas de violences et d’harcèlements sexuels au sein de l’entreprise, le PDG d’Ubisoft, Yves Guillemot, avait annoncé que des mesures allaient être prises. Il avait alors déclaré que les personnes qui avaient des comportements toxiques quitteraient l’entreprise et que des changements "de fond" seraient mis en place au sein du groupe.

En parallèle, Ubisoft avait lancé une enquête anonyme et indépendante auprès de ses employés. 14 000 salariés avaient accepté d’y répondre. Les résultats sont désormais connus et ils sont édifiants : 25% des salariés de l’entreprise "ont vécu ou assisté, au cours des deux dernières années, à un comportement inapproprié". Yves Guillemot, qui a lui-même exposé les résultats de l’enquête via un courrier adressé aux salariés, ajoute qu’"une personne sur cinq reporte ne pas se sentir pleinement respecté·e ou en sécurité sur le lieu de travail."

Plus de femmes parmi les victimes ou les témoins 

"Le pourcentage de femmes ayant déclaré avoir été victimes ou témoins de discrimination, de harcèlement ou de comportement inapproprié était en moyenne de 30 % supérieur à celui des hommes. Pour les employés non genrés, il était d’environ 43 %", détaille le PDG d’Ubisoft.

Pourtant, les femmes représentent seulement 22% de l’effectif total des 19 000 collaborateurs d’Ubisoft.

De plus, 34% des répondants affirment qu’ils auraient signalé des incidents auprès de la direction mais que cette dernière ne les aurait pas soutenus.  

Des enquêtes en cours et des dirigeants démissionnaires

"Certaines enquêtes sont toujours en cours, et nous continuerons à enquêter sur toute nouvelle allégation soulevée par nos canaux de dénonciation", affirme Yves Guillemot.

En plus d’entamer la restructuration de son service ressources humaines, qui aurait couvert certains comportements malsains, plusieurs dirigeants ont été poussés vers la sortie dont le numéro deux du groupe, Serge Hascoët. De même pour le chef du studio de Montréal et le vice-président chargé du service éditorial d’Ubisoft, Tommy François, cité dans plusieurs témoignages comme responsable de harcèlement et tentative d’agression sexuelle. La directrice des ressources humaines du groupe a quant à elle démissionné de ses fonctions.