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Espagne : un rappeur se réfugie dans une université après avoir été condamné pour des tweets
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Pablo Hasél - Université de Lérida en Catalogne le 15 février 2021 (J. MARTIN)
Pablo Hasél - Université de Lérida en Catalogne le 15 février 2021 (J. MARTIN) ©AFP

Espagne : un rappeur se réfugie dans une université après avoir été condamné pour des tweets

Le rappeur espagnol Pablo Hasél se retrouve au centre d'une polémique majeure autour de la liberté d'expression.

En Espagne, le débat lié à la liberté d'expression bat son plein. Depuis quelques semaines, c'est le rappeur Pablo Hasél qui se retrouve au centre d'une polémique après avoir publié des tweets dans lesquels il attaquait les forces de l'ordre espagnoles, mais plus généralement le gouvernement et la monarchie en place dans le pays. Cette action et les différentes péripéties engendrées, sont à l'origine d'une controverse qui bouleverse actuellement l'Espagne. Retour sur les éléments marquants de cette affaire (toujours en cours).

Dans ses tweets, Hasél qualifiait notamment les forces de l'ordre de "mercenaires de merde", et les accusait de torture et d'assassinats, rapporte l'AFP. Ces posts lui on valu d'être reconnu coupable d'"apologie du terrorisme et d'injures et calomnies à l'encontre de la couronne et de l'Etat". Le rappeur avait jusqu'au vendredi 12 février pour se rendre de lui-même à la police pour effectuer sa peine de 9 mois d'incarcération. Le rappeur catalan n'a pas accepté sa condamnation. 

Ils devront venir m'enlever et cela servira aussi à dépeindre l'État sous son vrai visage

De nombreux espagnols ont également jugé que celle-ci allait à l'encontre du principe de liberté d'expression, et sont descendus dans les rues de Madrid et de Barcelone pour manifester. Pour échapper à son arrestation, Pablo Hasél s'était réfugié depuis lundi 15 février dans l'Université de Lérida (en Catalogne, dans le Nord-est de l'Espagne), accompagné de dizaines de sympathisants. Lundi, il expliquait par téléphone à l'AFP : "ils devront venir m'enlever et cela servira aussi à dépeindre l'État sous son vrai visage, celui d'une fausse démocratie". Mardi matin, des policiers sont venus l'arrêter à l'Université, le conduisant "directement au centre pénitentiaire". 

Cette affaire a soulevé une discussion importante à l'échelle nationale. La réponse populaire à cette décision a aussi donné le jour à une pétition signée par plus de 200 personnalités culturelles hispanophones (dont le réalisateur Pedro Almodovar). Le gouvernement a évoqué la possibilité d'une réforme afin que les "excès verbaux commis dans le cadre de manifestations artistiques, culturelles ou intellectuelles" ne relèvent plus du droit pénal et ne se traduisent plus par des peines de prison". De plus, le parti Podemos (partenaire du Parti socialiste au seing du gouvernement) a ouvertement dénoncé l'arrestation de Pablo Hasél.

Bref, une affaire à suivre.