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En Egypte, quand t'es trop populaire on stalke tes réseaux sociaux
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En Egypte mieux vaut ne pas être trop populaire sur les réseaux sociaux
En Egypte mieux vaut ne pas être trop populaire sur les réseaux sociaux ©Radio France

En Egypte, quand t'es trop populaire on stalke tes réseaux sociaux

Au risque de se retrouver sur la paille et enfermé.

Blog, Facebook, Twitter ou site personnel, peu importe. Désormais, en Egypte, si vous avez plus de 5000 abonnés en ligne, vous pouvez faire l'obet d'une surveillance (étroite) d'Etat.

En effet, le président egyptien Abdel Fattah al-Sissi, a promulgué samedi 1er septembre , une loi portant sur laréglementation de la presse et des médias . Et celle-ci autorise un marquage à la culotte des comptes les plus influents sur les réseaux.

À la mi-août le raïs avait déjà promulgué une loi controversée de "__lutte contre la cybercriminalité"  permettant de bloquer, par l'intermédiaire d'un juge, tout site dont le contenu représenterait "__une menace pour la sécurité nationale"  ou pour "l'économie nationale" .

Tout cela est peut-être un peu arbitraire, mais très sérieux. La fameuse loi prévoit d'ailleurs une peine de prison d'un an  ainsi qu'une amende  allant de50 000 à 100 000 livres égyptiennes (environ 2 440 à 4 885 euros)  pour "toute personne qui accède délibérément ou par erreur, et sans raison valable, à un site, un compte privé ou un système informatique dont l'accès est interdit" .

Au moinsdeux ans d'emprisonnement et 100 000 livres égyptiennes d'amende (4 885 euros)  sont également encourus par "tous ceux qui créent, dirigent ou utilisent un site ou un compte privé dans le but de commettre ou faciliter la commission de crimes punis par la loi" .

Les organisations de défense des droits de l'homme, s'insurgent  évidemment. D'autant que plusieurs internautes et blogueurs, critiques du gouvernement ou connus pour leurs commentaires ou dessins satiriques, ont récemment été arrêtés et placés en détention. Au motif de d’appartenir à des " groupes interdits"  et de diffuser des "fausses nouvelles" .

Dans un contexte sécuritaire et économique tendu, les autorités affirment de leur côté vouloir lutter contre le "terrorisme"  et tout ce qui nuit, selon elles, aux "intérêts du pays" . Dire que ce sont ces même réseaux sociaux qui conduisaient à la chute d'Hosni Moubarak, ancien président Egyptien, à mettre un terme à 29 ans de règne.

  

Crédit photo : EGYPTIAN PRESIDENCY / AFP