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Élections européennes : quelles sont les propositions des partis pour la jeunesse ?
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Quelle place pour la jeunesse lors de la campagne pour les élections européennes ?
Quelle place pour la jeunesse lors de la campagne pour les élections européennes ? ©Getty

Élections européennes : quelles sont les propositions des partis pour la jeunesse ?

À trois semaines du scrutin, Mouv’ a fait le tour des programmes des principaux partis politiques.

Pour qui voter ? C’est l’éternelle question à l’approche d’une élection, en l’occurrence les européennes qui auront lieu en France le dimanche 26 mai prochain. Alors pour être sûr de bien choisir les 79 députés qui représenteront la France au Parlement européen, voyez qui pense à vous, notamment en matière d’emploi (en novembre 2018, 15,2% des jeunes Européens étaient sans emploi) et de climat. 

Rassemblement national (RN, ex Front national)

Le parti d’extrême droite, représenté par Jordan Bardella, âgé de seulement 23 ans, n’a pas de propositions concrètes à faire aux jeunes. Parmi ce qui est martelé dans son programme, l’emploi des jeunes dans l’Union européenne revient régulièrement. Il est ainsi rappelé que « plus de 30 % des jeunes Espagnols et Italiens sont sans emploi », ou encore que « la question des retraites n’est pas une question de stabilité́ monétaire », mais « une question d’emplois, notamment des jeunes »__. Dans la partie « insécurité sociale sans précédent », il est carrément écrit : « L’Union Européenne n’a pas réduit le chômage, notamment celui des jeunes actifs ». 

Alors pour y remédier, le parti de Marine Le Pen espère lutter contre le « dumping social ». Autrement dit lorsque l’on emploi des travailleurs étrangers à un salaire bien inférieur au salaire habituel, et avec des conditions de travail moins contraignantes.

Dans ce même programme, titré « manifeste des pour l’alliance européenne des nations », le Rassemblement national se place en défenseur de l’environnement.  Le parti appel à faire de l’Europe la « première civilisation écologique du monde » : « Nous proposerons que l’Alliance aide par tous les moyens les Nations à faire de l’Europe la première civilisation écologique au monde, et donner au progrès son authentique sens : une vie meilleure pour tous. Nous proposerons que, pour les Etats qui le souhaitent, elle les aide à augmenter les moyens de la recherche et qu’elle les incite à subordonner leurs relations commerciales et leurs accords de libre-échange au mieux-disant environnemental ; elle encouragera à substituer aux indicateurs économiques ceux qui prennent en compte les systèmes naturels ; elle désignera les Etats voyous qui délaissent la lutte contre le changement climatique, contre la perte de biodiversité́. Ils doivent être tenus à l’écart des accords commerciaux, voire des échanges internationaux. »

Les Républicains (LR)

Le parti, qui a comme tête de liste François-Xavier Bellamy, propose de créer un « Erasmus 3.0 », et de « renforcer le programme pour permettre à chaque jeune, collégien, lycéen, apprenti ou en études supérieures, d'effectuer dans son parcours, un trimestre ou un semestre éducatif, académique ou de formation professionnelle dans un autre pays européen. »

En termes d’emploi, la proposition numéro 62 (sur 75 en tout) souhaite promouvoir un Plan Marshall Euro-Africain « en investissant dans les infrastructures, l'éducation, la santé, l'emploi des femmes ou le numérique. Cela entraînera des retombées importantes pour nos entreprises européennes, tout en permettant au continent africain de prendre pleinement en main son destin et sa croissance démographique. »

Côté climat, est évoqué une « Barrière écologique », « grâce à la mise en œuvre de droits de douane anti-pollution sur les produits importés de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales ou sociales ». Parmi les autres propositions figure le « Plan européen pour le climat », « 0 carbone » à l’horizon 2050, la valorisation de la « filière recyclage », et la mise en place d’une « stratégie plastique ». 

La France Insoumise (LFI)

LFI et leur tête de liste Manon Aubry proposent un élargissement du programme Erasmus à l’ensemble des pays francophones, y compris hors d’Europe. Dans la partie 5.3, intitulée « Porter une ambition culturelle et éducative digne du 21e siècle », Le France insoumise parle de « construire un espace international solidaire grâce à l’augmentation des bourses européennes de mobilité́ et des places en résidence étudiante et à des dispositifs d’accompagnement pédagogique et administratif, en particulier pour les migrants et refugiés ». 

Dans cette même partie, LFI aimerait accorder à chaque jeune européen entre 16 et 25 ans une allocation d’autonomie d’une durée d’un an pour étudier mais aussi travailler dans un autre pays européen. 

Sur l’emploi, le parti se place également contre le « dumping social », qui selon lui, « supprime des emplois en France et oppose les peuples les uns aux autres ». LFI aimerait également engager un « plan mer » européen pour « développer l’économie maritime dans une perspective de créations d’emplois et de transition écologique ». 

Car oui, l’écologie est aussi très présente dans le programme France insoumise. Outre l’envie d’une Europe « 0 déchet », le mouvement se positionne en faveur d’une « règle verte », qui consisterait à « ne pas prendre plus à la planète qu’elle ne peut supporter. »

Europe Écologie-Les Verts (EELV)

Le parti emmené par le député européen Yannick Jadot, candidat à la dernière élection présidentielle avant de finalement rallier Benoît Hamon (Parti Socialiste), a évidemment le climat comme leitmotiv (protectionnisme vert, plan d’urgence pour la forêt, donner des droits à la nature pour éviter les écocides, dédier 50% du budget européen au climat contre 25% aujourd’hui…), mais aussi tout un tas d’autres propositions tournées vers les jeunes européens, comme la création d’une allocation jeunesse « directe et uniforme pour tou.te.s les Européen.ne.s âgé.e.s de 18 à 25 ans. Cette allocation a vocation, à terme et au fil de l’harmonisation sociale, à constituer le revenu de base universel », comme on peut notamment le lire dans le socle programmatique du parti. Ce dernier mentionne également l’offre d’un pass Interrail pour chaque jeune à partir de 16 ans, utilisable pendant dix ans. Plutôt qu’un Service national obligatoire, EELV propose aussi le renforcement des services civiques volontaires européens et à la mise en place d’un service universel européen.

Côté emploi, EELV propose notamment des créations dans le secteur environnemental, mais également d’agir sur les discriminations à l’embauche par la mise en place du cv anonyme européen par exemple, ainsi que d’une politique de coopération renforcée de lutte contre les discriminations via campagne de sensibilisation européenne, ou encore fond de soutien à l’expression des groupes victimes de discriminations en Europe. 

Et les autres ?

Pour l’heure, seuls les programmes de La République en marche (LaREM), dont Nahatlie Loiseau est la tête de liste, et l’alliance commune Parti socialiste-Place publique menée par Raphaël Glucksmann, ne sont toujours pas connus. On sait seulement que l’essayiste ambitionne un élargissement du programme Erasmus à tous les jeunes entre 16 et 25 ans grâce à des bourses qui financeraient des projets. « Tous les jeunes doivent pouvoir sortir de leur quartier, de leur ville, de leur village et faire l’expérience d’un séjour dans un autre pays de l’Union européenne », a expliqué le candidat. 

Au total, 33 listes ont été validées par le ministre de l'Intérieur.