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Disney accusé d’avoir tourné le film Mulan près d’un camp de travail Ouïghours
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Le 7 janvier 2020, un premier appel à boycotter le film est lancé - Simon Shin/SOPA Images/LightRocket via Getty Images
Le 7 janvier 2020, un premier appel à boycotter le film est lancé - Simon Shin/SOPA Images/LightRocket via Getty Images ©Getty

Disney accusé d’avoir tourné le film Mulan près d’un camp de travail Ouïghours

On se souviendra du film Mulan pour sa qualité esthétique et son audace mais il restera dans les mémoires surtout pour ses controverses et son Bad Buzz...

L'un des derniers nés de Disney aura subi quelques aléas, après le coronavirus qui a retardé sa sortie, puis finalement aura poussé sa relégation sur la plateforme Disney+, puis, les appels au boycott, suite aux propos de l'actrice principale, Liu Yifei, qui dénonçait, en 2019, les manifestations pro-démocratie et adressait son soutien à la police hong-kongaise. Pour la première fois le hashtag #BoycottMulan était utilisé. C'était sans compter sur une nouvelle controverse, cette fois-ci, l'objet de toutes les consternations : générique de fin, comme le rapporte le New York Times.

"Mulan remercie tout particulièrement le département de publicité du comité de la région autonome ouïghour du PCC Xinjiang dans les crédits. Vous savez, l'endroit où le génocide culturel se déroule.  Ils ont beaucoup filmé dans le Xinjiang, que les sous-titres appellent 'Chine du Nord-Ouest' #BoycottMulan"

Le hashtag  #BoycottMulan fait, une nouvelle fois, le tour des réseaux et permet de mettre en lumière les conditions de vie du peuple Ouïghour. Une partie du film a été tournée dans la région du Xinjiang. Une région où sont détenus plus d'un million de Ouïghour, une minorité turcophone et à majorité musulmane sunnite. 

La Chine est accusée de retenir des hommes, femmes et enfants ouïghours dans des "centres de rééducation" gouvernementaux. 

Ils sont alors privés de leurs droits et les naissances sont contrôlées par le biais de stérilisation forcées, une enquête publiée en juin 2020, accuse Pékin de ces pratiques et certains experts qualifient la situation de "génocide démographique". 

En 2018, Amnesty International a demandé à la Chine de faire la lumière sur la "répression massive" dont seraient victimes près d'un million de personnes au Xinjiang. Réponse de Pékin : il s'agit de "centres de formation professionnelle" pour lutter contre la radicalisation.

De nombreux politiques s'insurgent du sort réservé au peuple Ouïghour. En France, le ministre des Affaires étrangères a proposé qu'une "mission internationale émanant d'observateurs indépendants", "sous la houlette" de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, se rende au Xinjiang pour enquêter sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure. 

Emmanuel Macron a assuré, dans un courrier daté du 6 septembre que "chaque occasion est utilisée dans nos contacts bilatéraux avec les autorités chinoises pour les appeler à mettre fin aux détentions dans des camps au Xinjiang".