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Deux ans après la mort d'Adama Traoré, la famille attend toujours des réponses
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©Radio France

Deux ans après la mort d'Adama Traoré, la famille attend toujours des réponses

Elle souhaite que lumière soit faite sur les circonstances de son décès.

Deux ans qu’Adama Traoré est mort. C’était le 19 juillet 2016, dans la cour de la gendarmerie de Persan (val-d’Oise). Le jeune homme venait de fêter ses 24 ans. Comme le dit sa soeur Assa Traoré, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée par L’Obs hier (18 juillet), « Dans quelques jours, mon jeune frère, aurait dû avoir 26 ans. »

Depuis le drame, la famille réclame la vérité sur la mort d’Adama. Et si aujourd’hui Assa Traoré en est rendu à adresser une lettre à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, et au président de la République, c’est parce que depuis deux ans, l’enquête piétine.

L’expertise devant établir les circonstances du décès du jeune homme lors de son interpellation par les gendarmes, a été repoussée. Initialement prévue le 17 mai, celle-ci a été reportée une première fois au 17 juillet, avant que les médecins demandent finalement un nouveau report au 30 septembre prochain, selon Franceinfo.

C’en est trop pour Assa Traoré qui attend ce nouveau rapport avec impatience. Et pour cause. Le dernier en date, réalisé il y a un an à la demande de la famille, confirme une mort par asphyxie, ainsi que le mentionnaient déjà les deux rapports de 2016. Mais à la différence de ces derniers, l'expertise de juillet 2017, exclue, elle, l’existence d'un problème cardiaque. A savoir la thèse mise en avant par les gendarmes pour expliquer la mort précipitée d’Adama Traoré.

Le dernier rapport explique que cette hypothèse « ne peux être retenue avec certitude » . Ce que réfutent également les proches d'Adama Traoré. Voilà pourquoi cette dernière expertise est très attendue par la famille de la victime. D'autant qu'elle pourrait accélérer la demande de reconstitution des faits demandée par la famille à la juge d'instruction en charge du dossier. Une reconstitution permettrait en effet d'en savoir plus sur sa mort et le comportement des gendarmes. Trois d'entre eux l'auraient plaqué au sol, sur le ventre, jusqu'à son asphyxie.

« La vie d’Adama Traoré, citoyen français, ne valait pas moins qu’une autre. Sa mort mérite des réponses » , rapppelle notamment Assa Traoré dans sa lettre. Pour l'heure, une marche en la mémoire du jeune homme aura lieu à Beaumont ce samedi, à partir de 14h.

Crédit : Zakaria Abdelkafi / AFP