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Des caméras dans les transports en commun pour vérifier le port du masque
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Fini le port du masque sous le nez. Le gouvernement met en place une vidéosurveillance dans les transports pour s'assurer que le port du masque est respecté. (photo : Vyacheslav Prokofyev)
Fini le port du masque sous le nez. Le gouvernement met en place une vidéosurveillance dans les transports pour s'assurer que le port du masque est respecté. (photo : Vyacheslav Prokofyev) ©Getty

Des caméras dans les transports en commun pour vérifier le port du masque

Un décret publié hier au journal officiel autorise les réseaux de vidéosurveillance des transports publics à contrôler le port du masque de chaque voyageur, uniquement à des fins statistiques.

Pendant un an, des caméras vont être mises à disposition dans "les véhicules ou les espaces accessibles au public et affectés au transport public de voyageurs" pour surveiller la conformité du port du masque d’après un décret publié le 11 mars 2021. Concrètement, des entreprises comme la SNCF ou la RATP pourront s’assurer que les voyageurs portent correctement leur masque. Finis les masques sous le menton ou les nez qui dépassent. Leur réseau de vidéosurveillance permettra de repérer les mauvais élèves. 

Mais cette surveillance ne donnera lieu à aucune verbalisation. Le décret précise bien que cela ne servira qu’à faire de l’"évaluation statistique." Le but est en fait d’accumuler des informations afin de produire des statistiques qui serviront pour des campagnes de sensibilisation et d’"actions d’information." 

Tous surveillés ?

Une même mesure avait déjà été expérimentée l’an dernier dans la station Châtelet à Paris, mais la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) avait coupé court à cette initiative. Le gendarme de la protection de données avait rapidement fait part de ses réserves : "leur développement incontrôlé présente le risque de généraliser un sentiment de surveillance chez les citoyens, de créer un phénomène d’accoutumance et de banalisation de technologies intrusives, et d’engendrer une surveillance accrue, susceptible de porter atteinte au bon fonctionnement de notre société démocratique."

Changement de ton cette fois pour la Cnil qui considère que l’encadrement des données sera mieux exécuté. Elle s’est assurée que les informations personnelles étaient mieux protégées. Le décret précise d’ailleurs que les images "ne font l’objet ni de stockage, ni de transmission à des tiers" et qu’elles seront "instantanément transformées en données anonymes afin d’établir le pourcentage de personnes s’acquittant de l’obligation de port d’un masque de protection." Elle précise enfin que cette étude "ne porte que sur le nombre de personnes détectées et le pourcentage de ces personnes qui portent un masque." En clair, à travers toutes ces précisions, le décret affirme qu’aucune donnée ne sera collectée et que l’identité des individus filmés restera inconnue. En aucun cas les images de vidéosurveillance ne pourront être utilisées pour verbaliser une personne qui ne porte pas correctement son masque.

Un intérêt peu évident

Au regard de tous ces garde-fous, il semble difficile de comprendre l’intérêt de cette mesure quand, dans le même temps, les autorités assurent que le port du masque est assuré à 95% dans les transports en commun. Une surveillance encore plus questionnable quand Santé publique France affirme également que ces espaces ne sont pas considérés comme des lieux de contamination à haut risque.