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Covid-19 : des youtubeurs français contactés pour décrédibiliser le vaccin de Pfizer-BioNTech
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Crédits : Rasit Aydogan / Anadolu Agency
Crédits : Rasit Aydogan / Anadolu Agency ©AFP

Covid-19 : des youtubeurs français contactés pour décrédibiliser le vaccin de Pfizer-BioNTech

Une agence de communication a contacté plusieurs influenceurs pour un partenariat visant à révéler un taux de mortalité prétendument sous évalué du vaccin Pfizer contre le Covid.

Le vaccin de Pfizer-BioNTech contre le Covid-19 bientôt critiqué sur Instagram, YouTube et Tik Tok ? Plusieurs youtubeurs et influenceurs français se sont étonnés ce lundi 25 mai d'avoir reçu une demande de partenariat provenant de l'entreprise Fazze, missionnée par un client désireux de garder l'anonymat, qui vise à dénigrer le vaccin du géant américain. Parmi eux, trois en ont fait part sur leurs réseaux sociaux : Sami Ouladitto, Léo Grasset (aka Dirty Biology) et le compte Instagram "Ça se dit médecin".

"Le taux de mortalité du vaccin Pfizer trois fois plus important que celui d'AstraZeneca"

Dans leurs tweets, Léo Grasset et Sami Ouladitto expliquent avoir été contactés par mail par une entreprise appelée Fazze. Selon Le Parisien, le texte est rédigé par un certain Anton qui dit vouloir lancer une "campagne informationnelle" sur les conséquences du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer. Il poursuit en expliquant que "l'idée de la campagne est de parler de certains résultats concernant l'efficacité des vaccins". L'interlocuteur précise également qu'il fournira tous les chiffres nécessaires pour appuyer le discours des influenceurs. Après quelques échanges, Léo Grasset apprendra que l'entreprise lui offre un budget illimité pour soutenir cette campagne. 

Contre rémunération, la fameux Anton demande de faire passer les informations suivantes : "Le taux de mortalité du vaccin Pfizer est 3 fois plus grand par rapport à AstraZeneca selon les informations officielles", "les experts de AstraZeneca ont envoyé ce rapport aux régulateurs et aux principaux médias mais il n’a jamais été publié. La question est pourquoi ?", "Pourquoi l’Union européenne achète le vaccin Pfizer en grandes quantitésmalgré les informations fournies ? Il s’agit d’une monopoly (sic) et entraîne des dommages à la santé publique." Comme si cette demande n'était pas suffisamment douteuse, elle est remplie de fautes de français. 

Après cette explication, il est demandé aux youtubeurs de ne pas faire mention d'un quelconque sponsoring mais plutôt de présenter ces propos comme étant directement nés de leurs observations. Pour cela ils doivent s'appuyer sur un tableau non sourcé mais décrit comme provenant directement d'AstraZeneca, et de plusieurs articles de blogs et autres forums. 

Un campagne de désinformation portée par la Russie ?

Compliqué pour l'instant de savoir précisément qui est l'auteur de ces mails. L'entreprise Fazze se présente comme une agence de communication britannique. Le journal Le Monde n'en a cependant trouvé aucune trace dans les registres commerciaux britanniques. Léo Grasset a lui même mené son enquête et révèle que l'adresse des bureaux de Fazze correspond aujourd'hui à un centre esthétique. Le peu de comptes LinkedIn reliés à cette entreprise sont eux passés en privé quelques minutes après la découverte de la campagne de communication. 

De plus, Le Parisien révèle que le site internet de Fazze fonctionne avec des outils de Yandex, le moteur de recherche russe. Une partie est même directement hébergée en Russie. Le pays serait-il derrière cette campagne de discrédit ? Ce ne serait pas la première fois que la Russie tente de mettre en avant son propre vaccin, Spoutnik V, en dénigrant ses concurrents. Le mois dernier, le compte Twitter officiel de ce dernier avait publié un rapport qui visait déjà à montrer "qu’il y a beaucoup plus de décès suite à la vaccination avec Pfizer qu’avec le vaccin AstraZeneca." Dans le même temps, l’Union européenne notait les tentatives russes et chinoises de "désinformation et de manipulation visant à saper la confiance dans les vaccins fabriqués en Occident, dans les institutions européennes et dans les stratégies de vaccination européennes."