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Aulnay-sous-bois : la vidéo de l'interpellation violente d'une femme enceinte indigne
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Agents de la sûreté de la SNCF - Caen - 2014 (Photo : Charly Triballeau)
Agents de la sûreté de la SNCF - Caen - 2014 (Photo : Charly Triballeau) ©AFP

Aulnay-sous-bois : la vidéo de l'interpellation violente d'une femme enceinte indigne

Alors que les violences policières sont très largement dénoncées depuis la mort de George Floyd, une nouvelle vidéo filmée à Aulnay-sous-bois (93) met en cause cette fois des agents de la sûreté de la SNCF.

Le même jour, ce mardi 16 juin, c'est la vidéo d'une infirmière maîtrisée par les forces de l'ordre en pleine manifestation à Paris qui faisait polémique. Sur cette autre vidéo, qui se déroule cette fois-ci à Aulnay-sous-bois en Seine-Saint-Denis, une femme enceinte est plaquée au sol par des agents de sûreté SNCF.

Une interpellation musclée

Sur les différentes vidéos, on voit tout d'abord une femme qui semble être en conflit avec les agents de la sûreté de la SNCF, qui leur dit notamment "tu ne me touche pas." Ces derniers finissent par l'attraper et la mettre au sol. Elle se met alors à hurler. Un homme, qui serait le compagnon de la femme, arrive et leur demande d'arrêter en disant "elle est enceinte !". Les agents continuent de plaquer la femme avec son ventre contre terre, l'un d'entre eux lui écrase même le visage. Ils réussissent finalement à la menotter.

Du gaz lacrymogène pour disperser la foule

Une autre vidéo montre la suite de l'interpellation. La femme arrêtée est assise par terre, avec des menottes et les agents sont autour d'elle. Quelques personnes arrivent pour dire aux agents de sûreté de la SNCF qu'ils n'avaient pas à agir d'une telle manière parce qu'elle "n'a rien fait" s'indignent-ils. Un des agents sort alors sa bombe lacrymogène pour gazer les individus qui s'étaient approchés de la scène.

Les réactions se sont multipliées sur Twitter. Les insultes contre les agents fusent depuis la diffusion de la vidéo. Le visage de l'un d'entre eux a été isolé sur une vidéo et pris en capture d'écran. L'image a été retweetée plus de 10000 fois.

La SNCF réagit et met en cause la femme

Suite à l'indignation qu'a provoquée cette arrestation musclée sur les réseaux sociaux, la SNCF a alors réagi. D'après le communiqué publié par la SNCF ce 17 juin, la femme "mise en cause venait d'être verbalisée à trois reprises, notamment car elle ne portait pas de masque, qu'elle avait craché et qu'elle voulait prendre le train sans billet__." Elle aurait refusé de quitter la gare malgré la demande des agents et eut "un comportement agressif" qui aurait alors conduit à une telle situation. Dans le communiqué, il est précisé que les agents ont demandé au SAMU de la prendre en charge après l'interpellation "par mesure de précaution", puisqu'elle "s’est signalée enceinte."

La femme, qui serait enceinte de 7 mois, a porté plainte contre ces agents. Trois agents ont aussi porté plainte contre elle, deux d'entre eux ont eu une incapacité temporaire de travail (ITT) de 5 et 7 jours après cette arrestation parce qu'elle les aurait mordus et griffés. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny pour déterminer les conditions de cette interpellation, ainsi qu'en interne au sein de la SNCF.