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Au Soudan, l'excision des femmes est enfin considérée comme un crime
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Des femmes soudanaises qui luttent pour leurs droits -  ASHRAF SHAZLY / AFP
Des femmes soudanaises qui luttent pour leurs droits - ASHRAF SHAZLY / AFP ©AFP

Au Soudan, l'excision des femmes est enfin considérée comme un crime

Au Soudan : neuf femmes sur dix y sont excisées. Cette pratique est maintenant considérée comme criminelle.

Un an après la chute du régime islamiste d’Omar Al-Bechir, à la tête du Soudan depuis 30 ans suite à un coup d’État soutenu par les islamistes, les femmes soudanaises ont joué un rôle de premier plan dans cette révolte. Elles composaient 60 à 70% des manifestants et leurs voix ont été entendues, puisque la révolution se poursuit avec une avancée très importante pour les droits des femmes, la pénalisation d'une pratique ancestrale : l'excision. 

L'excision est encore très pratiquée en Afrique. Il s'agit de l'ablation totale, ou partielle, des parties génitales des petites filles. Cette opération est réalisée vers l'âge de 11 ans, mais des fillettes de 7 ans en sont aussi victimes. Selon l'UNICEF : "Au Soudan, 87% des filles et des femmes de 15 à 49 ans sont excisées. Les femmes non excisées sont jugées impures et sont souvent mises à l’écart."

Après le Kenya, l’Ouganda et la Gambie, le Soudan pénalise l'excision. Le Conseil souverain de transition, fruit d’un compromis entre les protestataires et les militaires, a approuvé, le 22 avril dernier, un amendement au code pénal qui criminalise les mutilations génitales féminines. La pratique sera punie de trois mois de prison, même si l'intervention a lieu à l'hôpital, et d'une amende.  

Hala al-Karib, activiste soudanaise pour les droits des femmes et directrice régionale de l’Initiative stratégique pour les femmes dans la Corne africaine met en évidence une pratique ancrée dans la société : "Les mutilations génitales sont surtout pratiquées par des femmes sur d’autres femmes. C’est une pratique qui est perçue comme une affaire de femmes et les hommes s’en lavent les mains, comme si cela ne les concernait pas. Or ces mutilations s’inscrivent à 100 % dans un agenda patriarcal. Il s’agit de contrôler toujours plus le corps des femmes".

Cette pratique sera difficile à faire disparaître, le défi est maintenant de faire appliquer cette loi, en dépassant les croyances culturelles et religieuses. Le pays vit une transformation de ses institutions et de sa diplomatie. La nomination de Nur Eldin Satti, qui représentera désormais Khartoum sur le sol américain, démontre la volonté du pays de compter sur l'échiquier international, depuis 23 ans aucun diplomate n'avait occupé ce poste.