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"Pendez les blancs" : le rappeur Nick Conrad condamné à 5 000€ d'amende avec sursis
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Nick Conrad (Photo : PHILIPPE LOPEZ) ©AFP

"Pendez les blancs" : le rappeur Nick Conrad condamné à 5 000€ d'amende avec sursis

Après la décision du tribunal de Paris, le chanteur a dit être "déçu, mais le combat va continuer, on va faire appel".

Un clip avec un homme blanc qui rampe, puis la corde autour du cou, et enfin pendu, du sang coulant. Un refrain répétitif : "Pendez-les, pendez-les, pendez-les, pendez-les, pendez-les Blancs__". Le morceau PLB avait engrangé une vive polémique en septembre dernier et par le même biais sorti de l'anonymat le rappeur. Des internautes proches de l'extrême-droite avaient trouvé le clip sur internet puis mis en avant pour dénoncer un "racisme anti-blanc", avant que le débat n'atteigne la classe politique. Le parquet avait alors engagé des poursuites pour provocation directe à commettre des atteintes à la vie.

Nick Conrad - un pseudonyme - est également condamné à verser 1 000€ de dommages et intérêts aux deux associations parties civiles, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra) et l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif).

Le choc était voulu [...] mais pas à un tel niveau

"Il s'agit d'une dénonciation du racisme à travers l’évocation "à l’envers" de l’esclavage, des lynchages subis par les Noirs" argumente le rappeur. Il assure ne pas changer d'avis après le procès. "Ca reste intact. Oui ça peut blesser, mais si vous comprenez bien ce qui se dit derrière tout ça, c'est que c'est pas si violent que ça" ; "Je viens inverser le commerce gulaire-trian__" rappait-il dans son morceau. 

"Le clip 'Pendez Les Blancs' est une suite de références. La pendaison renvoie à des événements historiques extrêmement clairs. Comment ne pas voir l'allusion au Ku Klux Klan dans cette scène. Strange Fruit de Billie Holliday..." défend son avocat, Me Apelbaum.

"__Aucune formulation imagée ou métaphore" selon le procureur. "La métaphore est quelque chose qui renvoie à la poésie, à la tendresse. Quand j'entends 'Pendez les Blancs' ça ne renvoie pas à la tendresse, à la poésie. Il y a une radicalité du propos, propos répété et vindicatif. Je n'ai pas trouvé dans la nature des propos et dans ce qui est dit ensuite par le prévenu la distanciation nécessaire. Monsieur Nick Conrad a outrepassé les limites autorisées de la liberté d'expression."