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Affaire Théo : trois policiers renvoyés devant les assises pour "violences volontaires" ?
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Affaire Théo : Un procès aux Assises aura lieu - Julien Mattia / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Affaire Théo : Un procès aux Assises aura lieu - Julien Mattia / NurPhoto / NurPhoto via AFP ©AFP

Affaire Théo : trois policiers renvoyés devant les assises pour "violences volontaires" ?

La vie de Théo Luhaka a basculé le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois (93). Ce jeune homme avait été blessé très grièvement lors de son interpellation, une expertise médicale confirmant "une infirmité permanente". Théo est devenu l'un des symboles des violences policières.

C'était il y a plus de trois ans : Théo est interpellé par 4 policiers dans un quartier d'Aulnay-sous-Bois pour un simple contrôle de police. Théo reçoit un coup de matraque télescopique dans la zone anale. Une scène filmée par plusieurs témoins sur place, ainsi que par des caméras municipales. Il est embarqué au commissariat et c'est lors de son audition qu'un des policiers s'aperçoit que Théo saigne abondamment, il est alors transporté en urgence à l’hôpital où il est opéré. Le jeune homme présente une plaie longitudinale du canal anal longue de 10 centimètres.

Une blessure d'une telle gravité que la vie de Théo sera à jamais changée, la dernière expertise médicale datant du 21 août 2019 conclut que le jeune homme aura "besoin d’un suivi médical à vie" et souffre d’une "infirmité permanente", causée par des lésions "en relation certaine et directe" avec son interpellation.

Après plusieurs années de procédure, le parquet de Bobigny requiert le renvoi de trois policiers devant les assises pour 'violences volontaires'. 

Deux policiers pourraient être poursuivis pour "violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique". Pour le troisième, la qualification de "viol aggravé" a été écartée, il pourrait être renvoyé pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une incapacité permanente partielle.__" La peine encourue dans ce cas est de quinze ans de prison. Quant au quatrième agent mis en examen, il bénéficie d'un non-lieu.

Pourquoi la qualification de "viol aggravé" a été écartée ?

Le parquet a estimé que "les éléments constitutifs du crime de viol n’étaient pas réunis". Fabienne Klein-Donati, procureure de la République de Bobigny, contactée par Libération précise :

Selon le parquet, l’instruction n’a pas permis de recueillir les éléments susceptibles de qualifier un viol, il n’y a pas de volonté délibérée de commettre une pénétration sexuelle.

La position du parquet n’a pas changé depuis les premiers jours de l’enquête : "Il n’y pas de connotation sexuelle"__, poursuit la magistrate. Même si Maître Eric Dupond-Moretti (désormais ministre de la justice) ne sera pas à la barre pour défendre Théo Luhaka, un procès aux assises aura bien lieu.