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Affaire Mila : la jeune femme "a reçu 100 000 messages haineux" selon son avocat
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Mila à l'ouverture du procès contre ses harceleurs - Paris, 3 juin 2021 (Bertrand Guay)
Mila à l'ouverture du procès contre ses harceleurs - Paris, 3 juin 2021 (Bertrand Guay) ©AFP

Affaire Mila : la jeune femme "a reçu 100 000 messages haineux" selon son avocat

Le procès de l'affaire Mila s'est ouvert le 3 juin. 13 personnes sont accusées de harcèlement, de menaces de mort et de viols sur la jeune femme qui avait prononcé des propos polémiques sur l'islam en 2020.

L'audience s'est ouverte ce jeudi au tribunal correctionnel de Paris pour les treize personnes accusées dans l'affaire Mila. Les prévenus sont poursuivis pour harcèlement ou menaces de mort après que l'adolescente ait publié des vidéos polémiques critiquant vivement l'islam en janvier et novembre 2020. "Surveillez votre pote Allah. Parce que mes doigts dans son trou du cul, je ne les ai toujours pas sortis" ou encore "l'islam est une religion de violence", des propos qui ont fait l'objet d'une enquête pour "incitation à la haine" classée sans suite. Des déclarations qui n'ont pas plu à tout le monde et qui ont poussé des milliers d'internautes à proférer des menaces de mort ou de viols sur les réseaux sociaux. La lycéenne assume ses propos et revendique un "droit au blasphème". Un droit réaffirmé par Emmanuel Macron au moment de la médiatisation de l'affaire.

Des propos d'une rare violence

La tête haute et à visage découvert, Mila s'est présentée au tribunal accompagnée de son avocat, Richard Malka, et de cinq policiers chargés de sa protection à toutes heures du jour et de la nuit. La jeune femme de 18 ans s'est assise au premier rang de la salle d'audience. Une dizaine de ses harceleurs lui font face. Son avocat lit à voix haute les messages que ces hommes et femmes âgés de 18 à 30 ans ont publié sur internet. Axel, 19 ans, n'a pas supporté les propos de Mila sur l'islam : "La Mila, elle continuera jusqu’à ce quelqu’un la trouve et la crève, c’est tout ce qu’elle mérite. #FuckMila". Une autre femme écrit "Je me ferai un plaisir de te lacérer le corps avec mon plus beau couteau et de laisser pourrir ton corps dans un bois". Au total selon son avocat, se sont plus de 100 000 messages de ce genre qu'a reçu la lycéenne obligée d'être déscolarisée après que des informations personnelles sur son lieu d'habitation ont été diffusées sur la toile. "Là, ce sont des messages, mais il y a aussi des têtes décapitées, des photomontages avec la tête de Mila sanguinolente à la place de Samuel Paty" avait précédemment raconté Richard Malkadans une interview accordée à Franceinfo.

Le procès repoussé de trois semaines

A peine ouverte, l'audience a été repoussé au 21 juin prochain en attendant que la Cour de cassation se prononce sur une question prioritaire de constitutionnalité sur les contours de la loi Schiappa de 2018. Celle-ci permet de condamner pour harcèlement l’auteur de messages sur les réseaux sociaux, même si seulement un message pose problème.