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Adama Traoré : Le nouveau rapport qui change tout
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Manifestation en hommage avec Adama Traoré
Manifestation en hommage avec Adama Traoré ©AFP

Adama Traoré : Le nouveau rapport qui change tout

Les juges d'instruction chargés de l'enquête sur la mort d'Adama Traoré ont fini leur investigation mi-décembre sans mettre en examen les trois gendarmes qui avaient poursuivi le jeune. Pourtant, la piste de leur responsabilité est relancée par une contre-expertise payée par la famille.

L'affaire Adama Traoré connaît un nouveau rebondissement. Une nouvelle expertise réalisée au frais de la famille tire des conclusions différentes voire opposées, au rapport rendu en septembre dernier. A l'époque, l'analyse des quatre experts désignés par le juge d'instruction excluait alors la responsabilité des gendarmes qui avaient interpellé le jeune. Il était décédé des conséquences d'une asphyxie dans la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise) en juillet 2016. Il souffrait plus généralement de deux maladies : une sarcoïdose de type 2 et un trait drépanocytaire. "Le décès de M. Adama Traoré résulte de l’évolution naturelle d’un état antérieur au décours d’un effort" terminait l'expertise.

Rapport d'experts contre rapport d'experts

Mais selon la famille, c'est la façon dont s'est déroulée l'interpellation qui est responsable de sa mort, quand les gendarmes n'assurent n'y être pour rien. La nouvelle contre-expertise réalisée aux frais de la famille a été remise ce lundi aux magistrats instructeurs. Et elle est très claire : le précédent rapport est rempli de fautes et la condition médicale du jeune de 24 ans ne peut être responsable de sa mort. Plusieurs spécialistes des maladies qui touchaient le jeune ont participé à cette analyse, contrairement à celle de septembre. La mort est plus probablement due, selon eux, à une "asphyxie positionnelle" liée aux méthodes d'interpellation, notamment au fait que la victime ait dû soutenir les trois gendarmes sur lui.

Jusqu'alors l'enquête se dirigeait vers un non-lieu. A voir maintenant ce qu'en fera le procureur de Paris, étant donné que les juges d'instruction avaient clos le dossier mi-décembre et l'avaient transmis au parquet.