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Lassées d'être mal considérées, elles claquent la porte de leur club de foot
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Vue arrière de deux équipes de foot féminin, laissant le terrain de jeu et rentrant aux vestiaires
Vue arrière de deux équipes de foot féminin, laissant le terrain de jeu et rentrant aux vestiaires ©Getty

Lassées d'être mal considérées, elles claquent la porte de leur club de foot

86 joueuses et cinq éducateurs viennent de dire stop de façon radicale au sexisme dans le foot. Un ras-le-bol collectif contre l'inaction du président du club de l'US Saint-Sulpice (Tarn).

Il faut croire que la fraîcheur insufflée par la dernière Coupe du Monde de football féminin et les convictions féministes et progressistes de la star américaine Megan Rapinoe n’ont pas eu d’échos dans le Tarn chez les dirigeants du club de l’US Saint-Sulpice.

Pas moins de 86 joueuses viennent de jeter l’éponge en quittant définitivement le club de football de cette ville de moins de neuf mille habitants après avoir dénoncé à de nombreuses reprises des faits flagrants de sexisme dans la gestion des équipes masculines et féminines, toutes catégories confondues. Pour Ouest France, la désormais ancienne joueuse de l'US Saint-Sulpice, July Druart fait un constat accablant de ces dernières aventures chez les bleues et rouges : "vestiaires sales et vétustes, interdiction de jouer sur le terrain d’honneur, aucune collation de prévue en fin de rencontre, aucun véhicule mis à disposition pour les rencontres à l’extérieur, pas d’équipement"… la liste est longue et résume les difficultés rencontrées par les joueuses licenciées de l’USSS chaque weekend depuis trois ans. Elle est d’autant plus marquante qu’elle souffre de la comparaison faîte avec les équipes masculines qui avaient droit à ces différents avantages, les filles jouant pourtant à un niveau plus élevé

"Avant de partir, on a laissé une chance au président parce que c'était une décision qui n'était pas facile à prendre"

Les joueuses ont d’abord tenté de comprendre cette situation avec leurs dirigeants et de trouver des solutions, en vain, puis ont, toutes ensemble décidé de claquer la porte du club auquel elles étaient pourtant attachées. 86 joueuses donc, âgées de sept à quarante-cinq ans qui, pour une grande majorité d'entre elles, viennent de rejoindre le club voisin du FC Vignoble 81 où elles ont été accueillies à bras ouverts, quand d’autres se retrouvent sans club pour le reste de la saison qui vient pourtant à peine de débuter.

Une passion forcée à être mise de côté pendant un an à cause du sexisme dans le sport, ce n’est pas vraiment dans ce sens-là que la Fédération Française de Football voyait les choses évoluer après le succès du mondial.