MENU
Accueil
Écouter le direct
Mario au terminal de l'aéroport d'Osaka ©Getty

Nintendo : trop de Mario ?

Super Mario Bros, World, Kart, Odyssey... La mascotte de Nintendo est-elle trop envahissante. Stop ou encore ?

Avec New Super Mario Bros. U Deluxe qui vient d’atterrir sur Nintendo Switch, c’est l’un des jeux les plus populaires de l’infortunée Wii U, petit ange parti trop tôt - un peu plus de 13 millions de consoles vendues dans le monde, soit un des pires flops de Nintendo ! - qui décroche une seconde chance un peu inespérée. En soit, New Super Mario Bros. est déjà une sorte de remake des Mario à l’ancienne, lancée sur Nintendo DS au printemps 2006. Une remix un peu simplifié de la recette originale, qui était censé remettre les choses à plat et attirer un nouveau public vers le plombier moustachu. Une bonne idée en soi, mais qui a vite pris une tournure moins positive pour les fans de la première heure. 

Un plombier qui pèse

D’abord un bon gros nombre : Mario, c’est plus de 200 jeux depuis 1985, en comptant toutes les branches de la grande famille ! Les jeux de plateforme évidemment, la base, mais aussi Mario Kart, Smash Bros., Mario Party, Mario Tennis / Foot / Basket / Golf / Baseball, la saga Mario & Luigi (jeux de rôle), Mario & Sonic (jeux olympiques), Dr. Mario / Mario’s Picross (jeux de réflexion) et même des jeux ludo-éducatifs, comme Mario Paint et Mario is Missing! Des milliards de dollars cumulés sur une seule licence, avec des ventes estimées à près de 600 millions de jeux à travers le monde. Un empire, qui place Nintendo dans le peloton de tête des marques les plus connues sur la planète, la réputation de Mario allant bien au-delà de la sphère jeu vidéo.   

New SMB > SMB

Mais revenons plutôt au sujet du jour : New Super Mario Bros. (NSMB pour les intimes dont vous faites désormais partie !). Quand il débarque sur DS en 2006, le plombier divise largement la critique. Oui, le jeu est agréable à prendre en main, mais il est trop facile. Son esthétique veut dépoussiérer le genre, mais manque cruellement de caractère. Et son côté très linéaire est un vrai retour en arrière, 15 après la folie Super Mario World, qui avait étiré les tableaux dans tous les sens. Sans compter que ce NSMB passe après Mario 64 et Mario Sunshine, qui ont amené la série vers la 3D. Mais finalement, portée par une DS qui domine la chaîne alimentaire du jeu vidéo, cette première tentative fait un carton plein : plus de 30 millions de ventes, soit l’un des plus gros scores de l’histoire du jeu vidéo ! De quoi pousser Nintendo à creuser le filon, et rendre sa star de plus en plus sage. Un Mario s’éteint, un New Mario s’éveille. 

Pépère Mario

New Super Mario Bros. devient donc la référence maison quand il s’agit de capitaliser sur le moustachu. La Wii décroche son épisode en 2009, puis la 3DS et enfin la Wii U. À chaque fois, le jeu est calqué sur le précédent, en y ajoutant une petite surcouche de nouveautés un peu timides. Sur Wii, un mode 4 joueurs, plutôt rigolo mais rapidement ingérable pour qui veut compléter tous les objectifs : on passe plus de temps à balancer les potes dans un ravin qu’à fouiller les niveaux ! Sur 3DS, le game est axé sur la collecte des pièces d’or et le contre-la-montre. Et sur Wii U, eh bah… Pas grand-chose de plus que sur Wii, à part la haute-définition qui rend le terrain de jeu plus vaste, et donc plus facile à appréhender en multijoueur. Au moins, on ne se marche plus trop les uns sur les autres ! Vous nous direz, ça reste des bons jeux de plateforme, avec des niveaux pensés au pixel près, jamais pris en défaut par leur exécution. Du Nintendo, quoi. Mais c’est là tout le problème : l’esprit Mario, c’est de la folie et du renouveau, dans un décor familier. Tout le contraire de l’approche ultra-pépère de News Super Mario !  

C’était mieux avant ? 

Reprenons les bases : Super Mario Bros., le jeu qui pose les fondations du jeu de plateforme - et même du jeu vidéo tout court, si on considère que tous les jeux 2D venus après ne sont que des variations sur ce thème !

Vient ensuite Super Mario Bros. 2, qui est un cas un peu spécial. La version japonaise reprend SMB1, avec des nouveaux mondes et une difficulté plus élevée.

La version occidentale est en fait un remake de Doki Doki Panic, un jeu Nintendo un peu obscur. En tout cas, c’est cette version qu’on connaît ici sous le nom Mario 2. Et dans le genre WTF, il fait très fort, avec ses 4 personnages jouables, ses mondes parallèles, ses bonus qui font tout péter à l’écran et sa brochette d’ennemis complètement barrés ! 

Round 3, Mario découvre la carte pour naviguer d’un niveau à l’autre et une série de costumes totalement fous (le raton-laveur volant, la botte, la grenouille…). 

Passage sur la Super Nintendo, Mario Bros. devient Mario World, et envoie près d’une centaine de niveaux, dont certains s’étalent sur plusieurs écrans de hauteur. Et c’est aussi l’arrivée de Yoshi ! 

Bref, à chaque épisode de Mario, on s’attend à en prendre plein la trogne. Autant dire que l’idée de tirer un trait sur ces expérimentations fait un peu mal, le jour où on a capté que New Super Mario Bros. allait devenir la nouvelle norme pour les jeux de plateformes classiques de notre italien préféré !

3D is the new 2D

Avance rapide. On est en 2019, et le constat est sans appel : quand on kiffe Mario Bros., avec ce que ça sous-entend d’originalité et de challenge, il ne reste qu’une seule voie possible ! Celle des épisodes en 3D, qui continuent d’apporter leur lot d’innovations et sont clairement pensés pour les vénères de la manette. Ok, sauf peut-être Mario 3D World (Wii U, 2013), qui est finalement le chaînon manquant entre les NSMB et les épisodes 3D. Mais avouez que Mario Galaxy 1&2 ou Mario Odyssey font grave le boulot, en étant accessibles au débutants mais suffisamment techniques pour que les pros voient flou quand il s’agit d’aller tout compléter ! 

Vieux beau

En revanche, si votre délire c’est les jeux 2D, old school, eh bien là c’est moins glorieux. Nintendo semble convaincue que la formule “New” est la bonne, quitte à reléguer tout ce qui fait le charme des anciens épisodes au second plan. On peut dire tout et son contraire de New Super Mario Bros. U Deluxe. Oui, la finition est irréprochable. Oui, si vous n’avez jamais (ou pas depuis très longtemps) tâté du Mario, ça fait le boulot, Nintendo y affichant la somme de plusieurs décennies d’expérience. En plus, c’est jouable de 1 à 4, sur un seul écran. Mais difficile de ne pas avoir un sentiment de déjà vu et revu, sous une surcouche esthétique bien fade. NSMB, c’est le mannequin trop photoshopé pour être vrai, qui manque un peu d’âme. C’est le Disneyland du jeu vidéo, ou tout est lissé, javellisé, pour plaire au plus grand nombre possible. On aimerait un peu plus de folie dans tout ça, justement comme Mario Odyssey l’a fait, les deux pieds dans le plat ! Alors quitte à revisiter des jeux Wii U, croisons les doigts pour que Nintendo nous refasse le coup de Mario Maker, mais sur Switch. Avec ses milliers de niveaux créés par la communauté, du plus simple au plus furieux, il est largement capable de satisfaire tout le monde à 100%. Un coup de génie qui mérite enfin d’être reconnu !

Pour aller plus loin, quelques reco Mario :

Super Mario Galaxy 2. Une Wii avec SMG2, ça doit couter dans les 15€ en brocante. Faite-vous un kiffe en jouant au meilleur Mario 3D existant ! Et tant que vous y êtes, chopez Mario Strikers, aka “le FIFA du Royaume Champignon” !

Super Mario World 2 : Yoshi’s Island. Le plus beau Mario 2D, sans Mario ! Chaque niveau emballe plus d’idées que la plupart des jeux existants. Explosion de cerveau permanente. Tellement en avance sur son temps qu’il donne toujours 20 ans après sa sortie l’impression de venir du turfu. 

Super Paper Mario. Une folie sortie sur Wii, qui mélange 2D et 3D, entre jeu de plateforme et jeu d’aventure. Un immense jeu, que tout le monde a oublié.

Par Max Besnard