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"Resident Evil" : le jeu qui rapportait 5 milliards revient ! (encore)
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Resident Evil 2 (© Capcom)

"Resident Evil" : le jeu qui rapportait 5 milliards revient ! (encore)

21 ans après l’éditeur japonais Capcom sort un remake intégral de Resident Evil 2, classique parmi les classiques. L’occasion de jeter un œil dans le rétro(gaming) pour mieux apprécier le parcours de ce géant du jeu vidéo qui fait flipper !

Resident, la légende 

En créant Resident Evil - l’ancêtre, celui de la Playstation 1 - le producteur Tokuro Fujiwara et le réalisateur Shinji Mikami ne se doutent pas qu’ils sont en train d’écrire l’une des pages les plus mythiques du game. On est à la fin de l’hiver 96, quand débarque au Japon Biohazard, renommé Resident Evil pour sa sortie mondiale, un jeu de d’aventure et de survie inspiré des vieux films de zombies.

Si le style un peu trop carré des personnages a de quoi faire sourire aujourd’hui, à l’époque c’est une claque intersidérale que se prennent les gamers ! L’ambiance bien saignante du programme provoque quelques millions de nuits blanches à travers le monde. Quelques millions d’exemplaires vendus plus tard, la team relance la machine à cauchemar, bien conscient cette fois qu’elle est attendue au tournant. 

L’origine du mal 

Sur ses sources d’inspiration, Resident Evil peut difficilement jouer la carte du hasard quand on évoque Alone in the Dark. Sorti du cerveau génial de notre Frédérick Raynal national, ce jeu PC affiche dès 92 l’ensemble du cahier des charges d’un bon jeu de survie horrifique (ouais, c’est comme ça qu’on dit en français…) : des plans façon caméra de cinéma, un rythme assez posé, des monstres qui sortent de nulle part (et jamais quand on s’y attend), et des moyens limités pour faire face à la menace.

L’influence de ce Alone in the Dark sur Resident Evil est indéniable, mais il y a aussi un autre patient zéro : c’est Sweet Home, un jeu sur le même thème, encore plus âgé ! Il est sorti en 1989, uniquement au Japon, sur la première console de salon Nintendo. Et son réal’ s’appelle Tokuro Fujiwara. Si vous suivez bien, vous avez déjà calculé que c’est le futur producteur de Resident Evil ! 

Chair de poule aux œufs d’or

La nouvelle poule aux œufs d’or de la maison Capcom (rappel : c’est aussi l’éditeur de Street Fighter, Megaman et Monster Hunter !) pond des millions de billets, presque sur commande. À chaque nouvel épisode, remake, réédition hd, les jeux se vendent par palettes entières. À lui seul, le premier Resident - cinq versions au total ! - aurait dépassé les 5 millions d’unités. Et on a beau en être officiellement au septième épisode, il y a en fait près d’une vingtaine de références, entre les épisodes principaux et les spin-off. Tout cumulé, la saga représente plus de 85 millions de ventes (source Capcom), auxquelles il faut ajouter les revenus engrangés par une dizaine de films live et d’animation (ok, essentiellement des nanars, mais qui réussissent à convaincre quelques millions de personnes à chaque fois…). Tout ça pour un pactole estimé à 5 bons milliards de dollars depuis 96 !

La grande famille

Avec ses poches pleines de billets, Resident Evil a évidemment engendré des armées de challengers, dont quelques pointures taillées pour le titre de jeu le plus flippant. Si elle a totalement disparu des radars, la saga Silent Hill, moins penchée sur l’action, s’est par exemple bien démarquée du lot avec son ambiance de fin du monde.

Également perdu de vue, Dino Crisis avait transposé à la fin des années 90 les mécaniques de RE dans un monde pris d’assaut par des dinosaures, façon Jurassic Park. 

Plus récemment, deux autres candidats sont sortis du peloton. D’abord Outlast, qui rend la survie encore plus violente que dans les premiers Resident, en vous accordant uniquement une lampe de poche pour vous défendre, dans un bail d’hôpital abandonné. 

Et aussi The Evil Within, toujours imaginé par le génial Shinji Mikami, qui reprend les codes de Resident Evil 4 avec une réalisation plus actuelle. On vous conseille d’essayer directement l’épisode 2, mieux foutu que le premier. Là aussi, un bon petit jeu à chiner en occasion, pour quelques pièces. 

Pourquoi ce remake ? 

Mais revenons plutôt à Resident Evil 2. Vous nous direz, pourquoi un remake de celui-, aussi longtemps après, plutôt qu’un épisode tout neuf ? On ne peut que lancer des hypothèses à ce stade : d’abord, le premier Resident a été déjà tellement de fois refait dans tous les sens qu’il est totalement rincé ; fallait bien finir par passer la seconde. Ensuite, un remake, c’est toujours plus simple à produire qu’un nouvel épisode. Et enfin, quitte à capitaliser sur un jeu déjà sorti, autant prendre le meilleur épisode ! Parce que oui, regardons la vérité en face : quelque que soit le point de vue, RE2 écrase son grand frère point par point ! Un système bien ouf d’alternance entre deux personnages super charismatiques. Une meilleure réal. Un scénario de gueudin, beaucoup plus ambitieux et parano. Et des décors plus impressionnants, qui nous sortent enfin du manoir pour nous emmener respirer au grand air ! Le vrai boss de la première trilogie, c’est lui, point barre. 

Ravalement de façade

Mais au fait, qu’est-ce qu’on y gagne ? Déjà, une remise à plat des contrôles, qui sont sérieusement datés dans les épisodes des 90’s. Fini les personnages et décors tout raides et statiques : on passe en vue 3D, caméra placée au-dessus de l’épaule. On retrouve donc le modèle plus fluide établi par Resident Evil 4, d’ailleurs repris dans chaque épisode ensuite. Ok, excepté Resident Evil 7, qui nous place carrément dans la peau du personnage, mais c’est un épisode bien à part, qui fait office de reboot pour la série. Le remake de RE2, c’est aussi un visuel plus moderne, avec des options 4K et 60 images par seconde, si vous jouez sur PC, Xbox One X ou PS4 Pro. Et bien sûr, tout ça servi par des scènes de transitions refaites à neuf, dans l’esprit des films d’animation créés autour de la saga.

Hé vous parlez d’quoi ? 

Comptez pas sur nous pour vous spoiler ! En revanche, on vous voit venir avec la question qui tue : ça a l’air bien cool tout ça, mais est-ce qu’il faut avoir joué à RE1 avant, pour capter tous les enjeux ? Eh bah non, c’est pas obligé ! Cela dit, c’est quand même fortement recommandé, étant donné la richesse du scénar’ et surtout de l’univers RE. Après, vous pouvez toujours aller faire un tour sur un speedrun ou sur la page wikipédia, si vous avez la flemme, mais sachez que vous passez à côté de quelque chose d’assez puissant ! La version remasterisée de Resident Evilest dispo sur à peu près toutes les consoles (et PC) récentes, généralement pour quelques euros. Même si, avant d’investir, on vous conseille d’abord - si c’est pas déjà fait - d’essayer la démo de ce Resident Evil 2 remake. C’est gratuit et c’est dispo sur les trois plateformes concernées par le jeu, histoire de savoir de quoi ça cause avant d’aller sortir la CB. Attention par contre : la démo est limitée à 30 minutes par compte PSN/Steam/Xbox Live ; une fois le délai passé, merci au revoir ! Nous, évidemment, on espère que ce remake va tout casser ; avec un peu de chance, il va motiver Capcom à appliquer la recette à RE3, RE0 et Code Veronica, pour boucler la boucle ! 

Bonus stage : le podium Resident Evil

Resident Evil 4. Dispo sur la plupart des plateformes existantes, smartphones compris, c’est l’épisode le plus puissant de la saga. Un scénar’ de fou, une ambiance monstrueuse et un système de jeu que tout le monde a repompé ensuite. 

Resident Evil HD Remaster. La base de la base. À faire au moins une fois dans une vie de gamer.  

Resident Evil 7. L’épisode du renouveau, façon film d’horreur bien sale. Mention spéciale à la version PS4 jouable au casque de réalité virtuelle, si vous avez l’estomac sévèrement solide. Sinon, prévoir le sac à vomi. 

Par Max Besnard