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De "Oregon Trail" à "Red Dead Redemption 2" : l'histoire des cowboys et des pixels
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Red Dead Revolver 2  (© Rockstar Games)
Red Dead Revolver 2 (© Rockstar Games)

De "Oregon Trail" à "Red Dead Redemption 2" : l'histoire des cowboys et des pixels

Le dernier jeu de Rockstar est un carton absolu mais il est le dernier d'une (très) longue lignée de jeux qui ont mis la mythologie du western à l'honneur.

Avec près de 100 millions d’exemplaires vendus en 5 ans et 6 milliards de dollars de recettes, GTA V s’est solidement installé sur le trône de l’industrie du divertissement. Imaginé par le studio new-yorkais Rockstar Games, le roi du gaming a engendré en 2010 Red Dead Redemption, un fiston branché cowboys et indiens, qui littéralement fait se prosterner des millions de joueurs à travers le monde. Alors forcément, quand Rockstar décide de dégainer une seconde fois son arme fatale, il fait en sorte que la planète entière le sache ! 

En plus d’un rouleau compresseur publicitaire, Rockstar fait déjà parler la poudre à coups de chiffres bien lourds : 17 millions de Red Dead Redemption 2 distribués dans le monde en deux semaines, soit déjà mieux que les ventes globales du premier épisode. Ajoutez-y un chiffre d’affaires de 725 millions de dollars en 3 jours d’exploitation, qui le place en embuscade juste derrière le milliardaire GTA V. Voilà, c’est maintenant clair : tout le monde veut jouer aux cowboys ! … Mais tout ça ne doit pas faire oublier que Red Dead a beau mettre (à peu près) tout le monde d’accord, il est loin d’être le premier ou le seul représentant du genre… La conquête de l’ouest version gaming, ça remonte un peu à la préhistoire !

1971 : les premiers cowboys

La première balade au Far West version jeu vidéo, ça date du tout début des années 70, avec Oregon Trail, une aventure textuelle à vocation scolaire. Dans le jargon hexagonal, on appelle ça un programme ludo-éducatif. Une version moins relou des cours d’histoire à destination des écoles américaines, imaginée par trois apprentis-profs d’une école publique du Minnesota, qui vivaient déjà dans le turfu.

Oregon Trail a ensuite été reboutiqué sur la plupart des bécanes de l’époque, notamment pour y ajouter quelques images au texte.

C’est en anglais, mais si vous voulez tenter l’affaire, il y a des versions dispo en ligne. La légende veut que tous les kids des States y aient joué au moins une fois pendant leurs études. L’ensemble des versions se seraient vendues à près de 65 millions de ventes. Le casse du siècle, easy. 

1974 : on sort le matos

Autre team, autre ambiance : en 1974, Nintendo a essayé de se mettre au western interactif avec Wild Gunman. Un jeu d’arcade électromécanique basé sur un flingue laser, où on enchaîne les duels à l’ancienne.

Il a été adapté une décennie plus tard sur la première grande console de salon Nintendo. Cette version est d’ailleurs dispo sur l’eshop Wii U, pour les curieux bien équipés. 

1985 : ça file droit

Au fil des années 80, les jeux de western s’améliorent doucement. On peut citer Gunfright et Outlaws, placés dans le haut du panier. Ouais, 30 ans plus tard, ça pique un peu la rétine, mais pour situer, à ce moment c’était un peu l’équivalent de Call Of Duty aujourd’hui. 

Les 90’s : fini de rigoler

Les choses sérieuses commencent vraiment dans les années 90. Le western est partout, du ciné au rap en passant forcément par le gaming ! Alors OK, on reste dans les jeux de tirs, mais ça commence à ressembler à quelque chose. Et dans la catégorie poids lourds, Sunset Riders c’est le feu du Grand Ouest. Déjà, parce qu’il est plutôt bien foutu visuellement, mais surtout parce qu’il permet à deux joueurs de coopérer pour faire tomber les boss locaux (4 chez Sega, 8 en arcade et chez Nintendo). Bon, c’est une vision plutôt restreinte du quotidien des cowboys, mais faut quand même avouer que ça envoie !

Dans un autre genre, _Wild Guns_fait bien le taff, même si les déplacements sont plus chelous, et faut aimer l’ambiance mi-western mi-futuriste. C’est ressorti récemment sur consoles et PC, si vous voulez vous faire une idée.

D’ailleurs sur PC, les jeux ont déjà une bonne longueur d’avance sur les consoles. Outlaws (rien à voir avec celui de 85) offre une expérience en vue à la première personne - un FPS, comme on dit chez les vrais - assez ouf pour l’époque. Pas grand-monde s’en souvient mais c’était du lourd, imaginé par le studio de George Lucas, aka le papa de Star Wars. 

2000 : Red is not Dead

2005, année de feu dans le désert vidéoludique : coup sur coup, on découvre un nouvel épisode d’Oddworld, Stranger’s Wrath, plongé dans l’ambiance saloon, et Gun, un FPS en monde ouvert, finalement assez proche de ce que sera Red Dead Redemption quelques années plus tard. Et quitte à citer les grands noms du cowboy game, n’oublions pas Call of Juarez(aucun lien avec Call Of Duty), une série lancée en 2006, qui a bien fait kiffer les gamers de l’époque.

Une histoire de vengeance classique, à la frontière du Mexique et du Texas, dont on a plus vraiment de nouvelle depuis l’épisode Gunslinger en 2013. Mais visiblement, y’a des choses qui se trament…  

Sinon, dans un genre bien barré, parlons deRed Steel 2__. On est en 2010, ça se passe sur Wii, et l’ambiance est au mélange ninja-samouraï-western. Si c’était une sauce, ça filerait un bon combo gastro/ulcère, mais là, bizarrement, ça le fait bien. Sûrement grâce à la prise en main assez démoniaque (merci le Wii Motion Plus) qui mix intelligemment sabre et gun. 

Askip Ubisoft voulait en vendre un bon million, mais le jeu en a fait à peine un quart. Moralité : dans la vie, y’a ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Visiblement, Red Steel 2 maniait très bien la pelle. Dommage, ratage.

À revenir vers le futur comme ça, on en oublierait presque Red Dead Revolver… Un peu l’équivalent de Pascal le grand frère pour les deux Red Dead Redemption ! C’est sorti en 2004 sur PS2 et la première Xbox. Et malgré les apparences, c’est un jeu d’action plutôt basique et répétitif, découpé en petites zones.

Pas le plus grand jeu du monde, mais le public a suivi et le studio Rockstar s’est finalement motivé pour pondre un autre épisode, qui n’est pas vraiment une suite, mais qui se passe dans le même univers. C’est évidemment leRed Dead Redemption de 2010, qui reprend les grandes lignes de GTA : un monde ouvert géant et des missions à la pelle, en plus d’un scénario de ouf.

Alors habituellement, quand un jeu explose les ventes, la concurrence a vite fait de s’engouffrer dans la brèche pour lâcher des clones… Sauf que là, le résultat est tellement iconique, qu’aucun autre studio de développement n’a vraiment voulu s’y frotter ! Conclusion, il a fallu attendre 8 ans pour retrouver le far west, le vrai, en jeu vidéo. Avec un rapide calcul, ça veut dire qu’on n'aura pas Red Dead Redemption 3 avant 2026, au mieux. Le bon côté des choses, c’est que ça va nous laisser le temps de saigner RDR2 dans tous les sens… 

Bonus stage

Impossible de faire le tour de toutes les références du western pixelisé, mais on tient quand même à parler deReady Steady Bang (iOS/Android) un mini-jeu sorti 2011.

Le concept est tellement efficace que ça reste un incontournable aujourd’hui encore. Pour un petit euro, ça résume la base de la conquête de l’ouest, en solo ou à deux (sur le même écran !). Vous devriez y passer quelques heures, facile. Pas la peine de dire merci, ça vient du cœur. 

Par Max Besnard