MENU
Accueil
Jeu vidéo : les zombies ont pris le pouvoir
Écouter le direct
"Days Gone" (© Sony)
"Days Gone" (© Sony)

Jeu vidéo : les zombies ont pris le pouvoir

Les morts-vivants sont partout au cinéma et à la TV depuis de nombreuses années désormais et le jeu vidéo n'échappe pas à la règle. A l'occasion de la sortie de "Days Gone" on revient sur la prolifération des zombies dans le gaming.

Pas complètement terminé, truffé de bugs causant des plantages à répétition, problèmes de synchro labiale dans les phases de dialogues, animation générale chaotique y compris sur PS4 Pro, difficulté mal dosée… La presse spécialisée n’a clairement pas été tendre avec Days Gone, le petit dernier de la famille Sony. Présenté à l’E3 2016, sorti fin avril en exclu sur PS4, il est pourtant déjà en train de prendre le dessus sur tous ses concurrents du moments, côté ventes, y compris le grand ancien Mortal Kombat (revenu du royaume des fatalities pour la onzième fois, soit dit en passant). En faisant exploser le box-office mondial du gaming, Days Gone vient donc gentiment nous rappeler qu’un produit imparfait peut quand même faire un hold-up sur les gamers, si la proposition fait un minimum rêver. En l’occurrence ici, un énième baye de morts-vivants, dans un monde post-apocalyptique. Le classique parmi les classiques. 

On va éviter de vous spoiler/divulgâcher (rayer la mention inutile) l’essentiel de Days Gone, au cas où vous auriez envie de vous y mettre et que vous avez évité tous les articles, previews, tests et trailers jusqu’à maintenant… Donc en quelques mots, vous y jouez un biker, Deacon St John, dans son escapade nord-américaine, deux ans après le début d’une pandémie qui a contaminée la majeure partie de la population mondiale… Les malades étant devenus des créatures hyper violentes, les “freakers”. Les survivants tentent de se reconstruire un semblant de vie organisée au milieu de ce chaos, tout en faisant une croix sur leur vie passée. Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu à peu près mille fois ce scénar’, c’est normal : que ce soit le cinéma (L’armée des Morts, I Am Legend, Zombieland, Rec, 28 jours/semaines plus tard), la télé (The Walking Dead, Z Nation, Black Summer, Game of Thrones) ou le jeu vidéo (patience, on va en parler !), le baye de la population qui se transforme en bêtes plus ou moins vivantes se vend par palettes, presque systématiquement ! Dans ce contexte, difficile de reprocher à Sony de surfer encore une fois sur une vague qui éclate tout sur son passage depuis plusieurs décennies. L’argument de vente cette fois, c’est un monde ouvert, plein à craquer de missions en tout genre… C’est vrai que dans la thématique du zombie, c’est finalement pas si fréquent. Mais c’est pas le premier non plus. 

En remontant le fil, Dying Light est passé par là bien avant Days Gone ; janvier 2015, si vous voulez tout savoir. Alors OK, sa mécanique de jeu, en particulier les déplacements, est très différente de la solution proposée par Days Gone, mais le concept est finalement le même. Dans Dying Ligh_t, on incarne un personnage, lâché dans une grande ville remplie d’infectés mangeurs de cerveaux. La différence avec _Days Gone, c’est que votre héros maîtrise l’art du “parkour”, pour grimper un peu partout et faire des roulades de folie entre deux sauts au-dessus du vide. Et l’autre point différenciant, c’est l’ajout d’un cycle jour/nuit, dans lequel le comportement des infectés change. Dying Light, ça tue (oui, elle est facile) et ça se chope facilement pour quelques euros, sur PC, PS4 ou Xbox One. Profitez d’ailleurs de l’accalmie des prochaines semaines pour y jouer, puisque la suite arrive théoriquement dans quelques mois, avec une présence déjà confirmée à l’E3 de juin prochain. 

Inferctés ou zombies ?

Vous nous direz, si vous avez déjà des infos sur Days Gone ou que vous y jouez : il manque les combats massifs, avec des dizaines des zombies à l’écran ! Oui, c’est vrai, mais figurez-vous que ça non plus, ce n’est pas une nouveauté en soi. Dead Rising est déjà passé par là, et pas qu’une fois…  déjà quatre même ! Sorti en 2006 sur Xbox 360, la saga zombiesque de l’éditeur japonais Capcom a marqué les esprits, non pas pour son scénario en mousse ou son intérêt global, mais pour sa capacité à afficher des armées de morts-vivants, dont il faut se débarrasser à coups d’armes fabriquées avec les moyens du bord. Un défouloir monstrueux, qui a donc engendré trois suites, malgré un concept particulièrement limité et bas du front. On en attendait pas moins de Capcom qui, on le rappelle au cas où vous n’ayez pas encore noté l’info, est également l’éditeur d’un certain Resident Evi__l. 

Resident Evil, on vous en a déjà parlé dans tous les sens ici. Alors oui, il s’agit bien d’un jeu dans lequel des gens bien comme il faut deviennent des créatures dalleuses, toujours partantes pour un steak humain délicieusement saignant. Mais techniquement, ce n’est pas vraiment un jeu de zombie, dans la mesure où il s’agit d’un virus - le virus T - qui est responsable de cette transformation. On doit donc dire “infecté”. Enfin bref, Resident Evil c’est super, même si c’est particulièrement dirigiste ; pas de monde ouvert ni de liberté possible vis à vis du scénario. Faut avancer dans les cases, point barre. On vous recommande toujours le 7, le remake du 2 (celui qui est sorti en 2019) et le tout premier, version HD. On vous en dit pas plus. 

Revenons plutôt à 2008 ; alors que Rec fait un carton international dans les salles de cinéma et que le bien flippant 28 Semaines Plus Tard est encore dans tous les esprits, le jeu vidéo s’engouffre dans la brèche avec Left 4 Dead. Si vous avez connu cette époque, vous savez aussi qu’il s’agit de ce que le zombie a inspiré de plus fou dans le monde du gaming. Left 4 Dead, c’est un FPS bien bas du front, ultra nerveux, dans lequel on affronte en équipe de 4 des vagues de morts-vivants, qui courent à la vitesse du son. Oui, Call of Duty World at War a fait pareil cette année-là avec son mode survie chez les zombies. Mais L4D est clairement ce que le genre a généré de plus stressant ; le style de jeu qu’on devrait interdire au cardiaques, tellement la sensation de peur est monstrueuse ! Askip, un troisième épisode serait en préparation, mais après 10 ans de silence, il va falloir frapper très très fort pour qu’il se fasse entendre. Avec pourquoi pas, un mode Battle Royale, quitte à mélanger deux doss bien populaires dans le gaming ?…  Oui, DayZ est déjà passé par là, c’est vrai. Et alors ?

Ratages et immanquable

Dans ce joyeux catalogue des jeux de zombies - pardon, d’infectés - impossible de ne pas mentionner la saga qui a remis la thématique sur le devant de la scène : The Walking Dead, la légende ! Né sous forme de comics, puis passé au format série télé, TWD a connu plusieurs passages en jeu vidéo. Il y a évidemment l’aventure façon bédé interactive, dispo sur à peu près toutes les plateformes (on vous conseille surtout les versions mobiles/tablettes) et qui vient compléter les comics, avec des personnages et histoires annexes. 

Mais il y a aussi un plan beaucoup moins glorieux, The Walking Dead : Survival Instinct__. Le bon point, c’est le scénario qui voulait proposer une préquelle à l’histoire des comics et de la série, avec Daryl dans le premier rôle. Le mauvais, c’est à peu près tout le reste : moche, court, lent, injouable… Difficile de choisir parmi tous ces vilains qualificatifs pour décrire le jeu. Hop, corbeille, clic droit “vider la corbeille”. 

Allez, on vous en met encore un petit dernier qu’il faut absolument connaître, mais vous ne pourrez pas dire que vous ne l’avez pas vu arriver… C’est bien sûr The Last of Us, une autre exclu Sony (PS3 et PS4), sortie en 2013. Faut avouer que les mécaniques de jeu sont un peu raides parfois, mais malgré ses 6 ans au compteur, le jeu développé par la team derrière Uncharted reste un monument du genre. Dispo dans la gamme petit budget PS4, en version Remastered incluant l’aventure annexe Left Behind, ne passez surtout pas côté si vous kiffez les bails de zombies/infectés. C’est du très lourd, et comme la suite est en préparation, au moins vous serez chaud quand elle arrivera. 

On peut continuer comme ça pendant des heures, tant le créneau est blindé de références. D’ailleurs, on se permet un petit point culture au passage : le premier jeu de zombie, intelligemment intitulé Zombie Zombie est sorti en 1984, sur l’ordi ZX Spectrum. 

D’année en année, jeu après jeu, le phénomène est devenu incontournable, à tel point que, durablement installée dans la pop culture, “la mode zombie” est devenue “le mode zombie”. On pense encore une fois à Call of Duty, mais aussi à Red Dead Redemption (Undead Nightmare), deux mastodontes du gaming qui ont cédé au chant des sirènes. Sirènes infectées, forcément… Et faut-il encore rappeler qu’à leur racines, Minecraft et Fortnite sont eux-mêmes des jeux de survie chez les zombies ? Alors finalement zombie, mort-vivant ou infecté, le résultat est le même : les gamers aiment se faire manger le cerveau !