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Fortnite : rencontre avec Marcote, 19 ans et espoir français du e-sport
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 Andilex, Marcote (au centre) et PodaSaï sont les trois français envoyés par la team MCES à Los Angeles
Andilex, Marcote (au centre) et PodaSaï sont les trois français envoyés par la team MCES à Los Angeles ©Radio France

Fortnite : rencontre avec Marcote, 19 ans et espoir français du e-sport

Du 21 au 23 février prochain, Marcote et les deux autres Français de la team marseillaise MCES, vont tenter de remporter le prix de 250 000 dollars.

Échauffement des poignets, étirements, avant chaque partie, Marc Pardaille, dit "Marcote", suit un protocole très strict. Des gestes à ne pas prendre à la légère si l’on veut éviter les blessures, bien plus fréquentes qu'on ne le croit. "Beaucoup de joueurs qui se font des tendinites ne les soignent pas forcément parce qu’ils jouent tous les jours et c’est très compliqué d’arrêter. Il suffit de deux trois jours d’arrêt pour sentir une baisse de régime", explique à Mouv' le gamer originaire d’Istres, dans les Bouches du Rhône. S'il y a bien une famille pour laquelle l’e-sport est avant tout un sport, c’est bien la famille Pardaille. 

Objectif final

Un papa ancien rugbgyman, une sœur membre de l’équipe espoir du Montpellier Rugby Club, Marc, lui non plus, n’a pas échappé au virus du ballon ovale, qu’il pratiquait à haut niveau. Mais il y a deux ans, il plaque les rucks et la mêlée pour Fortnite. Un phénomène mondial au principe universel, celui de la bataille royale où 100 joueurs sont lâchés sur une île, et comme le dit Marc : "A la fin, c’est le meilleur qui gagne. C’est ça qui me plaît, je suis très compétiteur. Je retrouve les mêmes sensations, la même adrénaline", décrit l'ancien rugbyman. Et aussi la même préparation, à l’approche d’une compétition aussi importante que la DreamHack 2020, plus grand festival de jeux vidéo au monde, qui rassemblera plus de 300 000 gamers à Anaheim, dans la banlieue de Los Angeles. Alors faire partie des trois Français sélectionnés, forcément ça impressionne.

J’ai été super surpris quand j’ai appris la nouvelle. Honnêtement, je pensais que d’autres joueurs le méritaient plus (Ndlr, la Team MCES compte sept joueurs sous contrat). Ça m’a pas mal boosté et donné l’envie de jouer, surtout sur une période creuse où il n’y avait pas beaucoup de tournois

Dans e-sport, il y a sport

Marcote, Andilex et PodaSaï, les deux autres Français sélectionnés par la Team MCES (Mon Club E-Sport), viennent de passer une semaine au centre d’entraînement du club. "On est mis dans les meilleures conditions, on a les meilleurs PC. Ça arrive qu’on ait des journées de 10-12 heures passées sur le jeu", décrypte Marc. Outre la stratégie et le physique - musculation, régime alimentaire spécifique, une grosse partie de la préparation est axée sur le travail neuro-cognitif, notamment les réflexes, auprès de la structure Human Fab, spécialisée dans l’analyse scientifique des performances des sportifs "classiques".

Un dispositif digne des plus grosses écuries de ligue 1 ou de Premier League, rien se semble trop beau, trop gros pour conquérir les Etats-Unis et rafler le fameux cashprize de 250 000 dollars (partagés entre les 100 finalistes). Avant cela, deux jours de qualifications attendent les quelque 1000 accros à Fortnite, venus du monde entier. Pour sa première participation à un tournoi international, Marc est ambitieux. Son objectif est d’atteindre le troisième jour de compétition, jour de la finale, dimanche. "Après, si je peux aller chercher le top 10 ça serait incroyable, mais je serais très déçu si je n’arrivais pas en finale."

Les années comptent double

À seulement 19 ans, Marcote est déjà le doyen des trois français de la team MCES envoyés à L.A. Dans le e-sport plus que dans les autres disciplines, les années comptent double. "Pour les gamers, les carrières sont courtes. On commence à régresser vers 23-24 ans, les réflexes diminuent rapidement."

C’est pourquoi Marc pense déjà à sa reconversion. "Beaucoup de métiers sont en train de se créer. Pourquoi devenir manager." Même si à court terme il n’imagine pas abandonner Fortnite. 

Pour l’heure, place à la compétition, après un long périple Marseille-Paris-L.A.. "Niveau fatigue ça va être compliqué à gérer, concède Marc, sans compter la pression. C’est la première fois que les médias s’intéressent autant à moi et au e-sport. Beaucoup de personnes nous suivent. Mais c’est une bonne pression."