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Pokémon : l'histoire de la saga aux 300 millions de ventes
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Pokémon épée (© Pokemon)
Pokémon épée (© Pokemon)

Pokémon : l'histoire de la saga aux 300 millions de ventes

Le film "Détective Pikachu" est à l’affiche au cinéma, mais promis on va pas le divulgâcher. Retraçons plutôt l’origine d’un monument du jeu vidéo, qui est parti d’un délire un peu bizarre…

D’abord, un point essentiel dans la compréhension des Pokémon (sans “s”, au singulier comme au pluriel, et c’est valable pour tous les noms des Pokémon eux-mêmes) : le nom est une contraction de Pocket Monster, ou en version japonaise, Poketto Monsuta. Les monstres de poche. Ensuite, un rappel pour les n00bz : Pokémon, c’est un jeu de rôle avec des combats au tour par tour, dans lequel on se bat avec des créatures attrapées dans la nature, et dont les pouvoirs dépendent de leur espèce et expérience. Plus un Pokémon gagne de combat, plus il devient fort. Vous avez maintenant  les bases pour comprendre la série et ses origines. Pour l’historique, voilà comment ça s’est passé : Pokémon est sorti de l’imaginaire de Satoshi Tajiri, un designer de jeu vidéo qui s’est d’abord lancé avec un magazine amateur sur les jeux d’arcade, appelé Game Freak. Armé d’une photocopieuse et d’une agrafeuse, Tajiri San fait appel à son pote Ken Sugimori pour illustrer ses articles. C’était dans les années 80 au Japon, et au fil du temps, le duo finit par se décider à transformer le journal en véritable compagnie, partant de l’idée qu’il était tout à fait possible de faire des meilleurs jeux que ceux dispo sur le marché. On est en 89 quand Game Freak devient un studio de développement ; Tajiri et Sugimori se lancent avec Quinty, un petit jeu d’arcade plutôt réussi. 

L’année suivante, alors que Nintendo est au top du game avec sa portable Game Boy (en passant, on dit LE Game Boy, officiellement, mais “la” c’est accepté aussi).

En voyant les interactions possibles entre deux consoles, via un câble de liaison, Satoshi Tajiri à l’illumination qui va changer radicalement sa vie. Dans son enfance, il avait une passion atypique et dévorante pour les courses de criquets. Ouais, un bail d’insectes version Fast and Furious, vous avez bien lu. Et il était pas le seul sur le créneau, puisqu’il pratiquait ça avec ses potes, échangeant ses poulains (façon de parler, hein) en fonction des résultats. C’est qu’à force de les voir grandir, young Satoshi et sa team avaient fini par conclure - à tort ou à raison - que les spécimens âgés étaient plus rapides que les jeunes, parce qu’ils étaient entraînés. Retour vers le futur, Satoshi veut transposer l’idée en jeu vidéo ; il imagine littéralement ses criquets passer d’un·e Game Boy à l’autre, pour créer un drôle de mercato d’animaux virtuels. Le projet Pokémon est né.  

Enfin ça, c’est la théorie. On est 1990 quand Satoshi Tajiri soumet son concept à Shigeru Miyamoto, aka le papa de Mario et Zelda. Les big boss de Nintendo ne voient pas trop où tout ça peut mener, mais Miyamoto décide quand même de prendre Tajiri sous son aile, convaincu de son potentiel de game designer. Le bon côté des choses, c’est que le jeune développeur va prendre la master class de sa vie. Le revers, c’est que le perfectionnisme de Miyamoto va le pousser à parfaire sa copie encore et encore. D’ailleurs, le délire de la double cartouche de jeu, pour favoriser les échanges de Pokémon entre joueurs (et multiplier les ventes), c’était son idée. Les mois, puis les années s’écoulent. Entre temps, le studio Game Freak passe régulièrement à côté du gouffre, l’argent venant régulièrement à manquer. Tajiri ne se verse même pas de salaire, squatte chez son père. Il participe à quelques projets pour le compte de Nintendo (des casse-brique Yoshi et Mario & Wario), pour continuer à se faire la main et rentrer quelques billets dans les caisses de sa compagnie.  

Finalement, Pokémon Rouge & Vert (devenus Rouge & Bleu pour leur sortie occidentale) sortent au Japon le 27 février 1996, soit 6 (très) longues années après que Tajiri San ait évoqué l’idée originale des échanges de ses criquets pixélisés entre deux Game Boy ! Évidemment, c’est Ken Sugimori, qui illustrait déjà une dizaine d’années plus tôt le fanzine de Satoshi Tajiri, qui va se coller à la planche à dessin pour créer les 151 premiers Pokémon. 

Pokémon rouge & vert
Pokémon rouge & vert

Et pour la petite histoire, le surpuissant Mew n’était pas censé faire partie de la première fournée Pokémon ; il a d’abord été intégré par l’équipe de Game Freak comme une blague interne, avant que Nintendo y voit un nouvel argument marketing pour maximiser les ventes. Un Pokémon mystère, plus fort que tous les autres, qui serait débloqué une fois les 151 autres créatures attrapés… Et pour ça, il aurait fallu évidemment avoir les deux versions du jeu reliées par le fameux câble ! Bon, dans les faits, c’était pas aussi compliqué, puisqu’une faille dans le programme permet de choper Mew assez facilement.

Mais la rumeur a fait son boulot, et Pokémon est rapidement devenu un phénomène de société mondiale, prouvant au passage que les Game Boy avaient encore de la ressource, malgré leur 7 ans au compteur ! Mais avec 12 millions de ventes dans le monde avant la sortie européenne de 99, la première génération de Pokémon a vite montré qu’elle était au top du game, même si personne n’y croyait trop à l’époque. 

À ce jour, la licence affiche plus de 300 millions de ventes sur la planète ; elle est même devenue la deuxième série jeu vidéo la plus vendue de tous les temps, derrière Mario. Encore plus fort, avec son gros milliard de téléchargements, Pokémon Go est le jeu mobile le plus populaire au monde. Un bilan complètement ouf, auquel il faut évidemment ajouter les cartes à jouer, la série animée et les films. Et le plus étonnant dans tout ça, c’est que la saga principale est resté jusqu’à cette année la chasse gardée des consoles portables Nintendo… Game Boy, Game Boy Color, Game Boy Advance, DS, 3DS. Il y a bien eu des spin-off sur les consoles de salon, mais jamais d’épisode classique (si vous pensez à Pokémon Let’s Go Evoli & Pikachu, ce sont des rééditions du Pokémon Jaune sorti sur Game Boy en 1998). Et tout ça, ça va bientôt changer, puisque la 8ème génération, Pokémon Bouclier & Épée, arrive cette année sur Switch ; on peut tabler sur mi-novembre, si la logique des deux épisodes précédents est respectée. 

Au programme de ce nouveau diptyque, l’île de Galar, un grand monde qui regroupe l’essentiel des ambiances habituelles - villes, plaines, montagnes, forêts… - dans lequel se cachent au minimum, on l’espère, les plus de 800 créatures existantes.

Lîle de Galar
Lîle de Galar

23 ans après son lancement, la folle aventure de Satoshi Tajiri est donc sur le point de franchir une nouvelle étape. Ce n’est pas pour demain, mais d’ici sa sortie, il y a de quoi patienter : à ce jour, la licence compte une soixantaine de jeux différents, et plus de 120 références au total, si on ajoute les jeux électroniques et bornes d’arcade !

Faut avouer que vu comme ça, le bail des criquets qui font la course paraît tout de suite beaucoup moins absurde…

Attrapez-les tous...
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