MENU
Accueil
Olympique de Marseille : bientôt la fin du cauchemar ?
Écouter le direct
A l'image de Lucas Ocampos, tout l'OM se demande comment sortir de cette spirale négative ©AFP

Olympique de Marseille : bientôt la fin du cauchemar ?

L’exercice 2018-2019 de l’Olympique de Marseille tourne au cauchemar. Alors que le mercato d’hiver est là, quels sont les motifs d’espoir du club mythique ?

Racheté par l'homme d'affaires américain Frank McCourt en octobre 2016, l'Olympique de Marseille faisait sa mini-révolution. Avec ce nouveau propriétaire, le businessman Jacques-Henri Eyraud arrivait en tant que Président et Rudi Garcia devenait entraîneur de l'équipe première. « L'OM Champions Project » était né. McCourt dévoilait les 4 axes de ce projet d’envergure lors d’une Conférence de Presse à son arrivée : « Nous allons le construire ensemble et il repose sur quatre axes. Le premier : nous construirons une équipe qui se battra tous les ans pour le titre dans le Championnat de France__. Le deuxième concerne les supporters, nous créerons la meilleure expérience pour les fans en L1. La troisième englobe la communauté, le club doit être un modèle et rendre ce qu’il doit à la ville de Marseille. La quatrième est de bâtir une organisation forte, aussi forte en dehors que sur le terrain. » 

Un peu plus de deux ans plus tard, l’Olympique de Marseille est au plus bas. En 2018-2019, l'OM a joué 25 matchs, pour 8 victoires, 5 nuls et 12 défaites. Éliminé en Coupe de la Ligue, Coupe de France et Europa League (dont il avait atteint la finale la saison dernière), le club ne peut désormais espérer qu’une qualification en Ligue des Champions pour égayer sa saison. Aïe. Les Dimitri Payet, Steve Mandanda, Adil Rami, Luis Gustavo, ou Kevin Strootman, joueurs symboles de ce Champions Project, n’ont pas eu l’impact escompté. Après la véritable humiliation contre Andrézieux, pensionnaire de National 2 (équivalent de la 4e division), il faut que les choses changent. 

Droit au but : Un attaquant et vite ! 

Cela fait maintenant deux saisons que l’Olympique de Marseille doit se trouver un attaquant de pointe digne de ce nom. La présence d’un finisseur de métier, autre que le « terrifiant » Mitroglou, ferait un bien fou pour l’OM. Une solution simple à de nombreux maux, mais qui se fait attendre. Ce buteur, l’OM l’avait pourtant dans ses rangs : Bafétimbi Gomis, prêté en 2016-2017 par Swansea (Pays de Galles). En 31 matches, la « Panthère » avait scoré 21 buts et délivré 3 passes décisives en 31 matchs. Pourtant, l’OM n’a pas souhaité s’aligner sur le salaire de 3.4 millions proposé par Galatasaray et a laissé filer le Français… pour 2.5 millions d’euros. En Super Lig, il marqua 29 buts (et ajouta 5 passes décisives) en 33 matchs. Bref, il aurait fait un bien fou à Marseille qui s’était rabattu sur… Konstantinos Mitroglou. Arrivé lors des dernières heures du mercato, le Grec est arrivé, blessé, du Benfica Lisbonne pour… 15 millions d’euros hors bonus. Valère Germain, lui aussi à Marseille depuis deux ans a beau être valeureux, il n'est pas avant-centre. Utilisé faute de mieux à ce poste par Rudi Garcia, il a apporté 21 buts, 6 passes décisives en 77 matchs depuis son arrivée. 

Le problème principal de l’OM est donc en attaque. Heureusement pour eux, après cette première partie de saison pourrie, le mercato est là. Si les cibles potentielles sont nombreuses encore faudra-t-il faire le bon choix. En effet, les 60 millions d'euros dépensés pour Kevin Strootman, Duje Caleta-Car et Nemanja Radonjic ressemblent aujourd'hui à un gâchis. Les trois recrues ne jouent pas ou très peu (surtout les deux derniers), pour des performances oubliables. Mario Balotelli, désiré lors de l’été 2018, mais resté à Nice après un vrai/faux transfert, est l’un des noms qui reviennent le plus souvent pour renforcer le club. Est-ce qu'une personnalité si difficile à gérer, avec un salaire si important, et qui ne pèse qu'une passe décisive en 11 matchs cette saison serait la bonne pioche ? Pas si sûr… Outre le poste d’attaquant, un arrière gauche est l’autre priorité au vu des performances catastrophiques de Jordan Amavi. Là encore, avec des moyens limités, Marseille devra faire la bonne pioche.

Faire du neuf, avec du vieux

Suite à la déroute contre Andrézieux, Garcia appelait à un changement chez ses joueurs : « Andrézieux a montré ce qu'est une équipe qui en voulait, qui se battait ensemble. C'est ce qui nous a manqué fortement. Il faut se remettre les têtes à l'endroit et se montrer beaucoup plus pugnaces que nous ne le sommes en ce moment. On a beaucoup de choses à voir avec les joueurs. Nous ne nous contenterons pas de paroles. Il faudra des actes, c'est le plus important. » Dans l’immédiat et avec des moyens limités, c’est tout ce que l’OM peut espérer.

Face au ras-le-bol des supporters et aux tags présents aux abords de la Commanderie du type « Garcia dégage », Marseille doit donc agir dans l'urgence. La réception de l'AS Monaco ce dimanche 13 janvier s’annonce comme sulfureuse. Les South Winners, groupe de supporters ont même prévenu après « la pire des humiliations dans l’histoire de l’OM » : « un avis de tempête s'annonce dans les travées du stade, du jamais vu...un typhon arrive !!! » Ils ont également appelé à la démission de Rudi Garcia. Malheureusement pour eux, il faudra faire avec l’entraîneur en place. Selon La Provence, le licenciement de Garcia (dont le contrat a été renouvelé il y a quelques mois... jusqu'en 2021) coûterait entre 8 et 12 millions d'euros. Un coût très important et qui semble être l'une des raisons de l'extraordinaire patience des dirigeants envers le coach. L’Olympique de Marseille va donc devoir faire du neuf avec du vieux. 

Je vais continuer à me battre. Nous sommes tous responsables, moi le premier évidemment. - Rudi Garcia

Après la débandade en Coupe de France, Luis Gustavo s'est exprimé pour remobiliser les troupes selon France Football. Depuis la défaite, des réunions ont aussi eu lieu entre les entraîneurs et les cadres. Les séances d'entraînement ont été doublées et les Marseillais ont eu une mise au vert en pleine semaine. Bref, le club tente de remobiliser les troupes. Mardi après-midi, RMC rapportait une réunion virile entre le groupe et le staff. On peut donc espérer un changement d’attitude ce dimanche.

C'est vrai que ce groupe vit bien, mais cela ne suffit plus. C'est ce que j'ai dit aux joueurs. Je ne veux plus entendre que ce groupe vit bien. Je veux qu'ils prennent le taureau par les cornes. - Le Président Jacques-Henri Eyraud

Avec 9 défaites sur les 13 derniers matchs, l’Olympique de Marseille est au plus mal. La réception de l’AS Monaco a tout du match piège face à un autre grand du championnat en crise. 

Après cette rencontre qui devrait se disputer dans une ambiance terrible, l’OM pourra réfléchir à des solutions. Il faudra à tout prix profiter du mercato hivernal pour enfin recruter un attaquant, et pourquoi pas se débarrasser des Grégory Sertic, Tomas Hubocan et autres Clinton Njie. En fin de saison, les contours du Champions Project devront être revus face à ce constat d’échec. Le pari des vieux briscards a été un échec, et on peut imaginer qu’une stratégie à la Monaco serait peut-être plus porteuse pour l’OM : à savoir, miser sur la jeunesse et joueurs à fort potentiel. Même si là aussi, les choses ne sont pas simples : le « projet Dortmund », très similaire, et porté il y a quelques années par l’ancien président Vincent Labrune n’a pas laissé un grand souvenir chez les supporters marseillais…