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Mesut Ozil quitte la sélection allemande pour « racisme et irrespect »
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Mesut Özil quitte la sélection Allemande pour « racisme et irrespect »
Mesut Özil quitte la sélection Allemande pour « racisme et irrespect » ©Radio France

Mesut Ozil quitte la sélection allemande pour « racisme et irrespect »

« Je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigrant quand nous perdons.»

Il claque la porte. Dans un tweet posté hier (22 juillet), Mesut Özil, 29 ans, annonce avec le « cœur lourd, et après beaucoup de réflexion » , sa décision de quitter la sélection allemande. Un long message dans lequel le joueur invoque notamment le « racisme »  dont il est particulièrement victime depuis la contre-performance de la Mannschaft , éliminée dès le premier tour du Mondial en Russie.

En particulier lui, car le joueur a été aperçu, avant la Coupe du monde, sur une photo prise en compagnie du président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce qui lui a valu un flot de critiques.  Certains, à l'instar du manager général de la sélection, lui reprochent son manque de loyauté. Neuf jours après l'élimination de l'Allemagne, Olivier Bierhoff déclarait, « il aurait fallu se passer d'Özil.»

Blessé, le joueur d'origine turque préfère s'en aller, et tient à s'expliquer une dernière fois. « Il ne s'agissait pas de politique ou d'élections, mais de respecter la plus haute fonction du pays de ma famille.» Le milieu de terrain d'Arsenal dit ne plus vouloir servir de bouc émissaire, et semble en vouloir à la fédération allemande de football (DFB).

Lors de ces deux derniers mois, ce qui m’a le plus peiné est le mauvais traitement que m’a infligé la DFB et son président Richard Grindel. Alors que j’ai essayé d’expliquer à Grindel mon héritage, mes ancêtres et, par conséquent, lui faire comprendre les raisons qui m’avaient amené à prendre cette photo, il était plus intéressé par le fait de parler de ses propres positions politiques et de rabaisser mon opinion. Je ne servirai plus de bouc émissaire pour son incompétence et son incapacité à faire correctement son travail.

Le milieu de terrain d'Arsenal va même plus loin :

_Mes amis Lukas Podolski et Miroslav Kolse n'ont jamais été inquiétés par le fait d'être germano-polonais, alors pourqoui le serais-je en tant que germano-turc ? Est-ce parce qu'il s'agit de la Turquie ? Est-ce parce que je suis musulman ? _

Sur fond de polémique, les réactions autour du cas Mesut Özil pleuvent. Le président du Bayern Munich Uli Hoeness a descendu le joueur. « Il joue depuis des années comme une merde. Il n'a rien apporté à l'équipe nationale depuis des années. Le dernier duel qu'il a remporté, c'était avant la Coupe du monde 2014. Et maintenant, il se cache derrière cette photo. » Et d'ajouter sans plus de tendresse, « Je suis très content que le fantôme arrête (...) Ce sont ses 35 millions de followers qui font croire qu'il est encore excellent, mais ce n'est pas le cas dans la vie réelle. Son départ, c'est la meilleure chose qui puisse arriver.»

Plus feutrée, la chancelière allemande Angela Merkel, a déclaré via son porte-parole, « respecter »  la décision du joueur de quitter l'équipe nationale. « Comme vous le savez, la chancelière apprécie beaucoup Mesut Özil. Mesut Özil est un joueur de foot qui a beaucoup fait pour l’équipe nationale. Mesut Özil a désormais pris une décision qui doit être respectée », a confié ce lundi Ulrike Demmer.

En Turquie, d'où est originaire le milieu de terrain, plusieurs hommes politiques ont d'ores et déjà salué sa décision. « Je félicite Mesut Özil qui, en quittant l'équipe nationale d'Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme » , a tweeté dans la nuit de dimanche à lundi le ministre turc de la Justice Abdülhamit Gül. Son homologue des Sports Mehmet Kasapoglu a quant à lui affirmé, également sur Twitter, soutenir« pleinement la position honorable de notre frère Mesut Özil. » Partageant au passage une autre photo du joueur avec le président turc.

Crédit : Luis Acosta / AFP