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Le Barça crée la polémique : les hommes en business, les femmes en éco
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©Radio France

Le Barça crée la polémique : les hommes en business, les femmes en éco

Ça devrait changer au vol retour !

Le mouvement #MeToo  aurait-il influencé le sport dans plus d’égalité entre les hommes et les femmes ? Si oui, le FC Barcelone a encore des progrès à faire . En tournée de pré-saison aux Etats-Unis, le club catalan a pris l’avion le 25 juillet en compagnie de son équipe féminine. Et pour l’occasion, le club a fièrement posté sur les réseaux sociaux des images des capitaines des deux équipes. Seul hic, des internautes ont souligné que les joueuses , hormis pour les photos,ont passé le reste du voyage en classe économique, tandis que leurs homologues masculins se la coulaient tranquillement en classe business.

On peut d'ailleurs distinguer cette différence de traitement, photos à l'appui.

  

La polémique a donc enflé sur les réseaux sociaux , notamment par le biais du compte fan « Barça Women » (ci-dessus),obligeant le FC Barcelone à s'expliquer par voie de presse . «Il y a eu une polémique sans que l'on prenne en compte tout ce que l'on fait. Le club a réservé un vol charter, mais, au début, il n'était pas prévu que l'équipe féminine participe à la tournée. C'est un problème de logistique»,  a affirmé le vice-président du club Josep Vives dans un communiqué. Des déclarations corroborées par l'attaquante du club, Alexia Putellas, «Il a été décidé que nous voyagerions plus tard, mais le club a fait l'effort de tout organiser pratiquement à la dernière minute » , a-t-elle déclaré au quotidien de sport Mundo Deportivo .

Le FC Barcelone assure que les féminines, vice-championnes d'Espagne en titre, seront en classe affaires à bord des prochains vols, et pour leur retour à Barcelone le 29 juillet prochain.

Des évolutions dans certains sports

Cependant, en matière d'égalité homme-femme, les choses bougent dans plusieurs sports. Aussi bien sur, qu'en dehors du terrain. En octobre 2017, les footballeurs norvégiens acceptaient de baisser leur salaire pour que l'équipe féminine soit payée au même niveau qu'eux . En effet, la 14ème nation au classement féminin de la FIFA, touchait deux fois moins que ses collègues masculins .

Outre le football et les joueuses professionnelles, la hiérarchie homme-femme dans le sport, s'opère également dans les shows proposés lors d'évènements . Notamment en ce qui concerne les pom-pom girls , et autres «__ grid girls »  dans les sports mécaniques. Chez les Spurs de San-Antonio (NBA), la troupe des Silver Dancers (les danseuses d'argent) , formée en 1991, ne se représentera plus la saison prochaine  sur le parquet texan. La franchise privilégiera désormais des acrobaties.  En clair, des shows plus familiaux .

Récemment, les Dallas Mavericks  ont annoncé vouloir davantage couvrir leurs cheerleaders.  Cynthia Marshall, la présidente des Mavs, souhaite que « l’attention soit portée sur les danseuses en tant qu’artistes, pour apprécier leur talent, pas qu’elles soient vues comme des friandises ou sexualisées. »

La fin de la femme-objet est également un objectif en En formule 1 . Depuis janvier dernier, terminé les hôtesses devant les F1 sur la grille de départ. « Nous avons tout au long de la saison 2017 observé un certain nombre de domaines dans lesquels nous pouvions faire évoluer la discipline. Employer des "grid girls" a toujours été un élément de base de la F1, mais nous estimons que cette coutume ne fait pas écho à nos valeurs. Nous ne pensons pas que cette pratique soit appropriée ou pertinente pour la F1 et ses fans, anciens comme nouveau à travers le monde », a notamment écrit Liberty Media, nouveau propriétaire de la F1, dans son communiqué.

Une somme d'avancées encourageantes qui inspirent d'autres sports. Au Football américain  par exemple, certaines cheerleaders réclament plus de droits. L'une d'entre elle a même poursuivi sa franchise, les Saints de La Nouvelle-Orléans, pour discrimination.  En cause, les règles strictes qu'on leur impose, comme ne pas sortir aux mêmes endroits que les joueurs, ou ne pas socialiser avec eux.

Bref, vous l'aurez compris, en matière d'égalité homme-femme dans le sport, il reste beaucoup de choses à accomplir. Surtout quand certains s'amusent à enfreindre les règles. Comme ce fut le cas lors du Grand Prix de Monaco le 27 mai, ou malgré l'interdiction, des « grid girls » se tenaient au pied des F1, rendant les pilotes ravis. Mais ne désespérons pas.

Crédit photo : Joan Valls / AFP