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"Chasseur d'étoiles" n°1 des ventes : un succès emblématique pour Soprano
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"Chasseur d'étoiles" n°1 des ventes : un succès emblématique pour Soprano

Première place du 16 septembre 20213 minutes
Avec cette nouvelle place de numéro 1 des ventes pour "Chasseur d'étoiles", son septième album solo, Soprano affirme encore plus sa direction pop et son statut à part dans le rap français, sans renier pour autant ses racines musicales.

Septième album de Soprano, Chasseurs d'étoiles est, cette semaine, numéro un des ventes d'albums, selon le classement hebdomadaire du SNEP. Un première place qu'il n'avait pas pu décrocher en 2018 avec Phoenix face à la sortie de l'album posthume de Johnny Hallyday. Cette fois, le rappeur marseillais pose son pied au top du podium avec cet album très inspiré des années 1980. Ce qui ne lui était pas arrivé depuis La Colombe en 2011 - L'Everest (2016) Cosmopolitanie (2014) ayant été tout de même n°2 des ventes à leur sortie, avant l'époque du streaming.

Le meilleur vendeur physique du rap français

Et ce qui est intéressant avec le succès commercial de Chasseur d'étoile, c’est qu’il réalise la plus grosse part de ses ventes en physique et non en streaming. Pour d'autres grandes ventes d'albums rap cette année, sortis à la fois en streaming et en physique dans le commerce (SCH, Laylow, Jul, Djadja et Dinaz), la part d'écoutes en ligne a été plus importante que celle des ventes de CDs. Soprano, lui, vient de vendre plus de 27.000 exemplaires physiques de Chasseur d'étoiles sa première semaine d'exploitation. A titre de comparaison, c'est 10.000 exemplaires de plus que le JVLIVS II de SCH, qui détenait le record de ventes en physique d'un album rap pour 2021. 

Après quinze ans de discographie en solo, en plus de celle avec les Psy 4 de la Rime, Soprano s’est installé comme une des figures populaires de la musique française, bien au-delà du rap. En atteste son émission en prime la semaine dernière sur TF1 en hommage aux années 1980. Parce que pour ce Chasseur d'étoiles, Soprano a complètement embrassé ses influences pop internationale et variété française façon Top 50, cette émission phare des années 80 pour la musique en France. Ce sont des sonorités qu’on a très souvent entendues, de manière plus diffuses, dans la discographie de Soprano, de "Halla Halla" à "Crazy". Là, elles sont beaucoup plus présentes. Et ça parle sans doute plus au grand public que des morceaux drill ou trap sous Auto-Tune, forcément.

Avec une direction aussi assumée, Soprano s'ancre encore plus dans la pop. Pourtant, impossible de ne plus considérer Soprano comme un rappeur. Sur Chasseur d'étoiles, il propose quatre morceaux sur lesquels il rappe véritablement : "NKOTB" et saveur old school, l'egotrip "Bruce Lee", le storytelling "Le grand bleu" avec MC Solaar, et bien sûr "Planète Mars 2021" avec Jul, SCH et Alonzo, clin d'œil au classique "Le Feu" d'IAM . C’est au fond pas beaucoup moins que d'autres albums rap qui ont très bien marché cette année. Et puis le rap français s'est tellement hybridé et ouvert que les codes d'avant ne sont plus les mêmes. Est-ce que “Mona Lisa” de Booba, sur lequel il chante sous Auto-Tune, n’est pas du rap ? Pareil pour "La Kiffance" de Naps ? Ou "Morose" de Damso ? Soprano a d'ailleurs été de ceux qui ont largement participé à ce décloisonnement du rap français. Il est certain que le rappeur a éliminé les vulgarités de ses textes, il ne fait pas du "sale" et assume une musique très familiale. Mais c'est sa ligne artistique depuis dix ans. Une persistance qui paie pour lui aujourd'hui.