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"The French Dispatch" : chroniques d'un ennui atypique
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"The French Dispatch" : chroniques d'un ennui atypique

Le Screen du 27 octobre 20213 minutes
Le nouveau film de Wes Anderson ne tient pas toutes ses promesses.

Décalé de nombreuses fois à cause de la pandémie, The French Dispatch sort enfin en salle aujourd'hui pour le plus grand bonheur des aficionados de Wes Aderson. Le réalisateur américain a posé sa caméra dans la fille française d'Angoulême pour tourner son film. Rien d'étonnant quand on connait la passion de Wes Anderson pour la France, il s'est même installé à Paris depuis quelques années. The French Dispatch est le nom du magazine dont on va suivre la rédaction durant le film avec toute son équipe dont son rédacteur en chef et ses journalistes. Comme à son habitude, Wes Anderson propose une œuvre atypique avec son univers coloré et son ton sarcastique. 

Le film est construit comme un magazine avec chaque reporters qui racontent son article aux spectateurs ce qui donne une succession de courts métrages loufoques. Ils se déroulent tous dans la ville fictive d’Ennui-sur-blasé et mettent en scène des personnages totalement loufoques comme un peintre prisonnier psychopathe, un jeune révolutionnaire antipathique ou encore un cuisinier espion. Qui dit plein de personnages, dit forcement beaucoup d'acteurs. Et pour ça Wes Anderson s’est payé un casting 5 étoiles avec Léa Seydoux, Timothée Chalamet, Frances McDormand, Elisabeth Moss, Adrian Brody, Benicio Del toro, Tilda Swinton, Lyna Khoudri ou encore son chouchou Bill Murray évidemment.

Si Wes Anderson fait l'exploit de réunir un tel casting, il devrait aussi savoir que privilégier la quantité à la qualité n'est pas toujours une bonne idée. Certains acteurs font des apparitions qui peuvent se compter en secondes, d'autres ont l'air d'être posé là pour faire joli (Hello Elisabeth Moss), et même sa muse Bill Murray n'obtient qu'une ligne de dialogue qui faire sourire. En fait, une fois passé la surprise de la narration qui est le gros point fort du film, on s'ennuie à "Ennui". Les histoires peuvent certes être qualifiées "d'originales" mais n’apportent rien de nouveau. On a juste l’impression d’être dans un film muet des années 50, avec du son. 

Evidemment, on ne peut pas enlever le talent qu'a Wes Anderson pour soigner sa réalisation et sa photographie. Chaque plan du film semble être calculé au poil près avec une symétrie toujours parfaite et une caméra fixe. Effectivement ça fait de très beaux tableaux. Les dessins des couvertures de magazine à la fin sont aussi à retenir, en hommage au magazine The New Yorker et ses unes inoubliables évidemment. Mais Wes Anderson nous avait peut être habitué à plus de folie et de prise de risque. Quand on voit Fantastic Mr. Fox par exemple, tout en dessin animé, ou encore ces films qui se déroulent dans un lieu précis comme À bord du Darjeeling Limited ou The Grand Budapest Hotel.