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"Notre père à tous" : un documentaire glaçant sur une histoire vraie américaine
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"Notre père à tous" : un documentaire glaçant sur une histoire vraie américaine

Le Screen du 12 mai 20224 minutes
Il est dispo sur Netflix.

Après avoir cartonné en février dernier avec L'arnaqueur de Tinder, Netflix revient avec un nouveau documentaire encore plus glauque encore, qui retrace l'histoire d’un gynéco américain qui a inséminé une centaine de femmes avec son propre sperme. Notre père à tous a un pitch digne d'un thriller de David Fincher et pourtant non cette histoire est bien vraie. Elle débute avec Jacoba Ballard qui fait un test ADN en 2014. Elle découvre qu’elle a 7 frères et sœurs qu’elle ne connait pas et qu'ils sont tous reliés par un point commun : un certain Docteur Cline, spécialiste en infertilité, que leurs mères sont allées voir dans les années 80.  Ce docteur très réputé était censé pouvoir réaliser le rêve de beaucoup de femmes : avoir un enfant.

C'est donc à partir de 1979 que le cauchemar commence. Ce fameux Docteur Cline décide d’injecter son propre sperme chez certaines de ses patientes, contre leurs volontés évidemment car elles n’étaient pas au courant. Certaines pensaient que c’était celui de leur mari, d’autres celui de donneurs, mais jamais elles n’ont consenti pour que ce soit celui de leur propre docteur. Niveau éthique on est quand même au plus bas niveau, et surtout au niveau agression sexuelle. L'une des mères dit même qu'elle "a été violé 15 fois sans le savoir". Si l’on a pas un chiffre confirmé sur le nombre de victimes du Dr Cline, quand le doc a été tourné, ils étaient 94 enfants retrouvés, donc quasiment une centaine de femme inséminées par lui.

Des enfants qui cherchent la vérité

Ses enfants ont donc décidé de ne pas se laisser faire. Aujourd'hui ils ont pour la plupart une quarantaine d’années, et certains se sont ligués pour confronter le Docteur Cline. Ils ont même organisé un rendez-vous avec lui, qui n'a pas nié le fait qu’il était leur père mais a affirmé qu’il l’avait "seulement" fait une dizaine de fois, sachant que dans la loi il est stipulé qu’un donneur ne peut donner son sperme que 3 fois au maximum. De plus, il est précisé dans le documentaire, qu’ils habitent quasiment tous dans un rayon de 40 kilomètres. Ils se disent que chaque visage qu’ils croisent pourrait être celui d’un de leur frère ou sœur et ça les fait énormément flipper. L'une d'entre elle dit même "A chaque fois qu'on reçoit une nouvelle notification, on se dit pourvu que ça ne soit pas quelqu'un que l'on connait ou avec qui on on est sorti. Ca arrivera malheureusement un jour". Ils précisent aussi qu’ils ont été obligés d’en parler à leurs enfants et de leur expliquer qu’ils doivent faire attention avec qui ils sortent parce que oui potentiellement ils peuvent partager leur ADN avec leur petit/petite ami(e).

La plupart des enfants affirment avec désarroi que cette histoire leur a fait avoir une crise d'identité majeure. D’autant plus qu’ils se sont aussi interrogés sur le pourquoi et ils ont découvert que ce docteur Cline faisait parti d’une secte qui encourageait ses membres à avoir le maximum d’enfants blancs, tel un clan de race aryenne, car tous les enfants du Dr Cline sont évidemment donc blancs, mais avec les cheveux blonds et les yeux bleus. Alors ça fait partie de l’une des suppositions évoquées, compliqué pour lui d'admettre qu’il est un gros raciste complètement félé, mais la raison parait tout de même assez crédible.

Malheureusement, le docteur Cline n'a jamais fait de prison pour ses actes. En 2014, quand ses victimes ont appris l’histoire, le procureur de l'époque leur disait que malheureusement il ne s’agissait pas d’une agression. Il a fallut attendre 2018 pour qu’il perde son droit d'exercer et il a juste écopé d'un an de sursis. Dans ce malheur, grâce à cette histoire, une loi a pu être voté dans l’état de l’Indiana pour condamner ce genre d’acte. Sur le papier évidemment que ça n'est pas assez mais faut savoir que le Dr Cline n'est pas le premier à avoir fait ça aux US, et que c'est beaucoup plus rependu qu'on ne le croit.