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"Bronx" : le thriller sous (trop) de testostérone avec Kaaris est dispo sur Netflix
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"Bronx" : le thriller sous (trop) de testostérone avec Kaaris est dispo sur Netflix

Le Screen du 30 octobre 20203 minutes
Le polar accumule les clichés, mais se rattrape avec ses scènes d'action.

Quand l'on voit qu'un film est réalisé par Olivier Marchal, on sait d'emblée où on met les pieds. Habitué du genre polar de flic, on lui doit déjà 36 Quai des Orfèvres ou encore Les lyonnais, mais aussi la série de Canal + Braquo. Etant lui-même un ancien policier, il parle donc d'un sujet qu’il connait bien, et son nouveau film Bronx ne déroge pas à la règle. 

De la castagne, des guerres de gang, des mâles alphas bien dans le cliché... Telle est la recette déjà-vue de Bronx. Le film nous emmène à Marseille, où les corses et marseillais se font la guerre à base de fusillade chez les uns et trafic de drogue chez les autres. L'histoire suit une bande de flic où les stéréotypes sont de mises avec celui qui essaie d’avoir une morale, un autre totalement alcoolique et dépassé ou encore les ripoux évidemment. Le commandant est joué par Lannick Gautry, qui porte le film, avec le rappeur Kaaris dans sa team. Olivier Marchal a aussi fait appel à deux acteurs français connus : Jean Reno et Gerard Lanvin, dont les (courtes) présences ne suffisent pas à relever un scénario trop attendu. 

Les femmes sont relégués à des rôles secondaires, quasi inexistants. Il faut dire que Bronx est un film boosté par la testostérone. Ici on est avec les mecs les vrais, ceux qui parlent forts, qui ont peur de rien... C'est à qui va montrer qui en a le plus avec des répliques subtiles dès les premières minutes du film comme "Ici t'es chez les mecs les vrais.", au cas où on l'aurait pas compris. De la pseudo virilité qui fait un peu datée en 2020. 

Bronx
Bronx

Si Bronx manque de finesse, il a l'avantage de ne pas mentir sur ses ambitions et sur ce qu’il est. Dès les premières images, on s'attend à voir exactement ce genre de film :  bourrin, explosif, sans subtilité, avec des twists que l'on voit venir gros comme une maison. Mais pour les amateurs du genre, ça fonctionne plutôt bien. Après, Bronx ne donne aucune piste de réflexion sur le métier de flic alors qu’en ce moment c’est quand même dans toutes les têtes, et ça c’est vraiment dommage. On est loin des Misérables de Ladj Ly par exemple. Mais les scènes d’action sont plutôt bien filmées pour le coup, et Olivier Marchal arrive a tenir le spectateur en haleine jusqu'à la fin. 

Comme beaucoup de film, Bronx devait à la base sortir en salles, mais Olivier Marchal a finalement cédé à l'appel de Netflix. Et le timing est tristement parfait, car il sort le premier jour du confinement et malgré ses défauts, aucun doute qu'il arrivera à nous changer les idées. Et puis ce genre de film cartonne sur Netflix. Ça a été le cas par exemple avec Balle perdue de Guillaume Pierret sorti en début d’année sur la plateforme. Le film a eu un énorme succès avec plus de 37 millions de vues dans le monde entier. Les polars policier ont la côte en ce moment, car dans le même genre que Bronx, le film Bac Nord est aussi très attendu. Lui aussi se déroule à Marseille, avec une histoire autour de la brigade anti criminalité. Le film se paye un casting de dingue avec François Civil, Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos, et les premières images donnent envie. Dans l'idée, le film a l'air de se rapprocher plus des Misérables que de Bronx. Il doit sortir fin décembre, en espérant que les cinémas auront ré-ouverts d’ici là…