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Serons-nous surveillés par l’Etat pour lutter contre le Covid-19 ?
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Serons-nous surveillés par l’Etat pour lutter contre le Covid-19 ?

Le Check info du 11 mai 20202 minutes
En ce premier jour de déconfinement, beaucoup se demandent si, sous couvert de lutter contre le Covid-19, l’État n'organiserait pas une collecte massive de nos données de santé pour nous "fliquer"... On fait le point.

Dans une vidéo de deux minutes vue des centaines de milliers de fois sur YouTube, un médecin parle de consignes envoyées par le gouvernement aux médecins :

"Il nous demande de faire remonter tous les cas positifs mais aussi de recenser toutes les personnes qui vivent avec vous et tous les cas "contact" avec leurs coordonnées et leur adresse pour le faire remonter à l’assurance maladie afin de leur envoyer une brigade sanitaire… Je suis médecin, pas flic !."

Dés qu’un malade est diagnostiqué positif coronavirus, on va lui demander qui il a vu récemment, s’il vit avec des proches, et on va proposer à ces personnes de faire un test, pour voir si elles aussi sont porteuses du virus. Mais ce dispositif n'est pas une obligation et ça, le médecin ne le dit pas.

Comme l’explique Nicolas Revel, le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie sur France Inter :
"On ne va obliger personne. La personne malade qui ne souhaite pas nous dire qui elle a vu dans les 48 heures n’y sera évidemment pas obligée, et la personne contact peut très bien nous dire je ne souhaite pas faire de test ni me confiner, chacun est libre."

Voilà, aucune obligation. Par contre, pour ceux qui acceptent, se pose la question de la vie privée : 

Si on collecte des noms de malades et des adresses, que deviennent ces données une fois l’épidémie passée ? Combien de temps sont-elles gardées ?

Des questions qui préoccupent jusqu’à l’Académie de Médecine qui craint une possible atteinte au secret médical. 

Résultat : la pression a porté ses fruits, la loi précise désormais que ces données ne seront conservées que trois mois.

En résumé, oui, l’alerte valait bien d’être lancée par ce médecin-youtubeur et ça nous rappelle également qu’il n’est jamais trop tard pour réfléchir à ce que nous faisons de nos données non pas à l’hôpital mais sur les réseaux : photos, localisation, statuts. Car si tout cela ne prémunit pas contre le coronavirus, en revanche, ça rapporte beaucoup à Facebook, Snap et Instagram.

Marion Lagardère démêle le vrai du faux, c'est le Check Info à retrouver sur YouTube, Facebook et Twitter.