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Que retenir des différentes expertises sur la mort d'Adama Traoré ?
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Que retenir des différentes expertises sur la mort d'Adama Traoré ?

Le Check info du 04 juin 20202 minutes
Une nouvelle expertise sur la mort d'Adama Traoré a été réalisée, depuis le décès du jeune homme, en 2016, les expertises se sont succédé : Que disaient les précédentes ? Quels sont les enjeux de cette bataille entre experts judiciaires ?

Une nouvelle expertise vient d'être rendue publique le 2 juin, Adama Traoré est mort à l'age de 24 ans, après son interpellation par des gendarmes en juillet 2016.

Il ne s'agit pas de la première expertise, il n’y a pas de vidéos, l’interpellation n’a pas été filmée, ni la course poursuite, ni ce qui s’est passé dans la voiture, puis à la gendarmerie. La famille d’Adama Traoré se bat donc avec les juges autour de ce que peut dire le corps. Sauf que l’état d’un corps, ça s’interprète. Et on a donc une série d’expertises et contre-expertises, et beaucoup d’interprétations.  

La première expertise est l'autopsie, le médecin légiste parle à la fois "d’un syndrome asphyxique" et "de lésions d’allure infectieuse" mais sans en donner la cause. Un gendarme avait dit aux enquêteurs : 

Adama Traoré a pris le poids de nos corps à tous les trois sur lui au moment de son interpellation. 

Traduction : trois corps l’ont écrasé. Mais ça, la première autopsie n’en parle pas et le procureur retient surtout qu’il avait des infections graves sur plusieurs organes. Du coup, la famille Traoré a demandé une deuxième autopsie par un collège d’experts : là, c’est l’inverse, eux retiennent l’asphyxie et pas les lésions…  

Il y a eu d'autres expertises...

Les organes d’Amada Traoré ont été examinés. En septembre 2016 : l'hypothèse d’une cardiomyopathie, exposant au risque de mort subite. Puis en juillet 2017 : on revient à l’état asphyxique aigu dû à "un épisode d’effort et de stress", mais le rapport ne dit pas de quel stress il s'agit. Puis en septembre 2018 : une expertise, dite de synthèse, conclue que le pronostic vital était engagé bien avant l’interpellation à cause d’une combinaison de maladies dont Adama aurait été porteur sans le savoir : drépanocytose et sarcoïdose. En 2019, la famille fait donc faire une contre-expertise par des médecins spécialiste de ces deux maladies. Réponse des médecins : les pathologies ne sont pas responsables du décès, même pour quelqu’un qui aurait les deux maladies à la fois… des médecins suggèrent plutôt d’étudier la question de l’asphyxie positionnelle.  

Une nouvelle expertise conclue en mai 2020 qu’il n’y a pas eu d’asphyxie :

Cet homme serait mort d’un œdème cardiogénique provoqué par son cœur trop gros, ses deux maladies génétiques rares et à la suite d’un effort intense. 

Les experts ajoutent la possibilité d’une consommation de cannabis mais toujours pas l’action des gendarmes. C’est là qu’arrive la dernière expertise dont on parle aujourd’hui, commandée par la famille Traoré. La cause de la mort serait due à un œdème cardiogénique par asphyxie due à un placage ventral. Que vont faire les juges de cette expertise ? Vont-ils en demander encore une autre ? Rien ne les oblige. 

Dans cette affaire, on remarque bien qu'une expertise médicale n'est pas neutre, on peut l'orienter selon ce que l’on veut faire dire au corps, en l’occurrence soit que les gendarmes n'ont rien à voir avec le décès, soit qu'ils en sont précisément responsables.

Marion Lagardère démêle le vrai du faux, c'est le Check Info à retrouver sur YouTube, Facebook et Twitter.