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Pourquoi les déboulonnages de certaines statues se multiplient ?
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Pourquoi les déboulonnages de certaines statues se multiplient ?

Le Check info du 11 juin 20202 minutes
Plusieurs statues en lien avec le racisme et l’esclavage sont déboulonnées dans le monde…Ce qui fait des millions de vues partout dans le monde. Un phénomène qui dépasse les frontières américaines. On va tenter d'expliquer pourquoi.

Aux États-Unis, mais aussi ailleurs, les vidéos de déboulonnages de statues se multiplient avec des milliers de vues et de partages :

C'était à Saint-Paul, dans le Minnesota aux Etats-Unis, une centaine de manifestants déboulonnant une statue de Christophe Colomb, mais ailleurs à Richmond en Virginie, c’est une statue de l’esclavagiste Jefferson Davis qui est tombée, d’autres ont été décapitées ou bombardées de peinture… Et ça ne s’arrête pas aux Etats-Unis : on l’a vu en Angleterre où une statue d’Edward Colston, un notable qui a fait fortune grâce à la traite négrière a été jetée à l’eau, pareil en Belgique où celle du roi Leopold II responsable du massacre de millions de congolais a été retirée de son socle…

Et en France ?

Dés le 22 mai, le jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique,deux statues de Victor Schoelscher ont été détruites :

Et le 6 juin, des militants anti-racistes ont tenté, mais sans succès d’aller déboulonner la statue de Colbert, le ministre qui a écrit le Code Noir esclavagiste . Que ce soit en France, en Belgique, en Angleterre ou aux Etats-Unis, l’idée est la même : enlever de l’espace public tout ce qui peut glorifier l’esclavage, le colonialisme ou plus globalement, ceux qui ont revendiqué leur racisme. Des actions qui font polémiques entre ceux pour qui tout doit disparaître et ceux qui dénoncent un effacement, une réécriture pure et simple de l’histoire.

Une polémique qui ne date pas d’aujourd’hui…

Cela fait plusieurs années que la question de la légitimité de ces statues, érigées en d’autres temps, est posée. Et certaines municipalités ont déjà pris des décisions, par exemple en Belgique, la ville d’Anvers a décidé de retirer une statue de Leopold II pour la placer dans un musée. A Londres, le maire a lancé une commission qui va faire la liste de tous les monuments en lien avec la traite négrière et le colonialisme pour étudier leur démantèlement. Et chez nous, la ville de Bordeaux, deuxième port négrier de France après Nantes, vient tout juste de faire changer les plaques de rues avec les noms d’esclavagistes. Et c’est plutôt ce type de solutions qui est privilégiée par les historiens : non pas détruire mais retirer ces statues dans des musées et informer, poser des plaques explicatives mentionnant le passé esclavagiste et colonialiste de ces personnages. Une série de dossiers, tous plus lourds les uns que les autres, qu’on commence tout juste à ouvrir…

Marion Lagardère démêle le vrai du faux, c'est le Check Info à retrouver sur YouTube, Facebook et Twitter.