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Marine Le Pen : a-t-elle été victime de discrimination étant enfant ?
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Marine Le Pen : a-t-elle été victime de discrimination étant enfant ?

Le Check info du 22 mars 20222 minutes
Dans l’un de ses meetings, la candidate d’extrême-droite a pris le temps de raconter son enfance, notamment le traumatisme qu'a été pour elle l’attentat perpétré contre son père en 1976. Des confidences personnelles qui lui permettent de se livrer sur son vécu mais ne font pas un programme.

C’était à la fin d’un de ses meetings en février, Marine Le Pen a pris quelques minutes pour raconter son enfance et ce qu’elle a enduré en tant que fille de Jean-Marie Le Pen, figure de l’extrême droite française : "J’ai connu la violence politique quand j’étais petite fille à l’école, on m’a fait payer l’engagement de mon père (…) des persécutions qui me font honnir toute idée de discrimination."

Or, sur les réseaux, cette phrase est devenue une suite logique : Marine Le Pen a été harcelée, donc elle sait ce que c’est la discrimination, donc elle milite contre les discriminations. Mais attention, l’un n’implique pas l’autre.

La carte de la compassion 

D’abord, oui, Marine Le Pen a bien vécu des traumatismes quand elle était petite, notamment un attentat qui était dirigé contre son père quand elle avait 8 ans en 1976 et qui a brûlé une partie de sa maison en pleine nuit. En parallèle, elle a très probablement été cataloguée, voire embêtée à l’école précisément parce qu’elle était la fille de Jean-Marie le Pen, donc oui, elle a été victime de stigmatisation.

Mais en pleine campagne électorale, la question c’est pourquoi elle en parle maintenant ? Pourquoi elle en fait un argument politique ? Pour la même raison que tous les autres candidats qui décidé de "fendre l'armure" aux autres élections avant elle : pour créer de l’émotion, de l’empathie, parce que oui, le harcèlement, c’est insupportable, oui, se faire incendier sa maison, c’est insupportable. Mais attention, en politique, l’émotion n’est pas forcément un bon repère.

Des récits de jeunesse souvent évoqués par les candidats pour s’humaniser

En politique, raconter sa vie personnelle, c’est fait précisément pour émouvoir l’auditoire. Et Marine Le Pen n’est pas la première à faire ce genre de confidence. Tout comme l’incendie de sa maison en 1976 est affreux, les coups de ceintures qu’Eric Zemmour raconte avoir reçu de son père quand il était enfant, sont eux aussi affreux. Pareil pour Valérie Pécresse, la candidate de LR, qui confie qu’on lui a refusé un emploi parce qu’elle était enceinte, là aussi, c’est choquant. Mais ça ne fait pas un programme : dans le programme de Marine Le Pen par exemple, il n’y a rien sur la lutte contre les discriminations, dans le programme d’Eric Zemmour, il n’y a rien sur les enfants battus, et dans le programme de Valérie Pécresse, il n’y a pas de page sur l’égalité femme-homme au travail. Donc attention à bien regarder pour quelle raison une confidence est brandie par un ou une candidate, surtout dans un meeting où rien n'est improvisé, et surtout en pleine campagne électorale.