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Comment considérer un motif de déplacement familial comme impérieux ?
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Comment considérer un motif de déplacement familial comme impérieux ?

Le Check info du 15 mai 20202 minutes
Les dérogations pour les déplacements au-delà de 100 km autour du domicile posent de nombreuses questions, notamment celles concernant le "motif familial impérieux."

C’est la nouvelle disposition en place depuis le 11 mai, vous avez le droit de vous déplacer sans attestation dans un périmètre autour de chez vous qui ne dépasse pas 100 kilomètres. Interdit de faire plus, sauf dans quelques cas qui figurent sur l’attestation spéciale "100 kilomètres et plus". Et parmi ces cas, celui qui pose le plus question c’est le fameux "motif familial impérieux". Alors le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a donné des exemples de ce que ça signifie : ça peut être pour un deuil, ou pour venir en aide à un proche malade, ou pour les gardes d’enfants, et là par exemple, le texte est flou, comme le montre la réaction de cette mère de famille, Perrine, au micro France Info :

Je travaille, mon mari aussi, donc seule solution : amener les enfants chez leurs grands-parents.

Sauf que "garde d’enfants", ça ne veut pas dire "amener les enfants chez mamie", ça concerne les couples séparés qui pratiquent la garde alternée, pour que le père ou la mère puisse venir chercher l’enfant. L’hypocrisie de tout ça, c’est que si mamie habite dans un rayon de moins de 100 kilomètres, là, personne ne vous contrôlera… Autre point flou : on se dit qu’au fond, on peut dire aux forces de l’ordre qui nous contrôlent qu’on va aider un proche malade alors qu’il n’en est rien, et ça passera… Oui, mais c’est un peu risqué quand même, puisque la loi précise que votre bonne foi est laissée à la libre appréciation des policiers et gendarmes. En clair, si vous ne parvenez pas à les convaincre, c’est 135 euros d’amende. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a d’ailleurs donné sur France Inter un conseil à ceux qui se déplacent vraiment pour aider un proche malade :

On peut se doter par exemple d’une attestation du médecin si on a un père en situation pré-mortem. Je fais confiance au discernement des forces de l’ordre et au bon sens des français.

Voilà, on entend que tout ça n’est pas très bien encadré, d’ailleurs les policiers sont eux aussi sceptiques, comme Yves Lefebvre du syndicat de police SGP FO :

Celui qui voudra frauder malheureusement pourra.

Celui qui veut frauder peut, et celui qui veut verbaliser peut aussi, c’est tout le problème d’un texte d’urgence, écrit et voté en urgence.