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La marque Zara accusée d’appropriation culturelle par le Mexique
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La marque Zara accusée d’appropriation culturelle par le Mexique

Dress code : street du 07 juin 20213 minutes
Les marques Zara, Anthropologie et Patowl ont reçu un courrier du ministère de la culture du Mexique. Le pays leur reproche l’utilisation des designs des populations indigènes sans les avoir crédité.

La lettre est signée de la main d’Alejandra Frausto Guerrero, ministre mexicaine de la Culture connue pour avoir reproché à Louis Vuitton ou encore Mickael Kors des actions similaires. Dans son courrier, la ministre appelle les marques européennes à clarifier publiquement l’utlisation des motifs du peuples de l’État méridional d’Oaxaca et demande de quelle manière elles pensent "rétribuer les communautés créatives".

Extrait de la lettre de la ministre de la culture mexicaine envoyée à l'enseigne Zara.
Extrait de la lettre de la ministre de la culture mexicaine envoyée à l'enseigne Zara.

La question de la valeur accordée aux créations des populations indigènes du Mexique est au cœur de cette polémique car le Mexique est l’un des rares pays au monde à faire  du brodé à la main. Selon Elodie Bordat-Chauvin, sociologue spécialiste des cultures latino-américaines l’appropriation culturelle se caractérise par un mépris de classe. “Quand ce sont des communautés indiennes qui font des pièces d’art c’est de l’artisanat et cela doit se vendre pas cher. Lorsque ce sont des grands artistes européens ou riches latino-américains, là c’est de l’art et ça passe par un autre marché” analyse la sociologue.

À gauche, une chemise typique de la culture zapotèque. À droite, un chemisier de la marque Patowl.
À gauche, une chemise typique de la culture zapotèque. À droite, un chemisier de la marque Patowl.

En 2015, la créatrice française Isabelle Marant s’excuse publiquement après des accusations de plagiat sur une blouse traditionnelle de la communauté Mixe par des créateurs mexicains. La justice avait toutefois donné raison à la créatrice. Bien que la blouse avait un statut protégé, rien ne lui interdisait d’en reprendre les motifs. Plusieurs manifestations avaient eu lieu devant les boutiques de la marque car au delà de la loi, c’est le manque de considération pour l’art des amérindiens qui pose problème. “Comme ce sont des des femmes communautés indigènes il n’y a pas de brevet déposé, elles n’ont pas de manière de signer comme une marque leur designs” explique Elodie Bordat-Chauvin.

La ministre de la culture accuse Zara d'avir utilisé des motifs imaginés par la population mexicaine d'Oaxaca.
La ministre de la culture accuse Zara d'avir utilisé des motifs imaginés par la population mexicaine d'Oaxaca.

Bien que le Mexique prenne l’appropriation culturelle très au sérieux, les revendications viennent avant tout des populations amérindiennes. Le gouvernement mexicain est surtout un porte voix à l’échelle internationale. Dans une interview au Media WWD, la ministre de la culture mexicaine explique qu’au lieu de reproduire les dessins des indigènes comme si personne n’allait le remarquer les marques pourraient privilégier les partenariats avec les habitantes pour une mode plus équitable.