MENU
Accueil
Les quartiers sont-ils oubliés de la présidentielle ?
Écouter le direct

Les quartiers sont-ils oubliés de la présidentielle ?

Debattle du 30 mars 20221 heure
5,4 millions de personnes vivent dans plus de 1 500 quartiers. Ces habitants et leurs problématiques ne sont pas pris en compte lors de cette présidentielle.

Les candidats à la présidentielle sont connus depuis 1 mois, et les propositions pour les quartiers populaires ne sont pas nombreuses. À droite, Valérie Pécresse parle de "reconquête" et propose de faire d’un délit commis dans ces quartiers une circonstance aggravante, Eric Zemmour veut "éradiquer la racaille", Marine Le Pen veut une police municipale armée. À gauche, Jean-Luc Mélenchon propose de baisser le nombre d'élèves par classe et d’accélérer la carrière des professeurs dans les quartiers, de construire plus de logements sociaux et de supprimer la BAC. Anne Hidalgo de son côté souhaite réorganiser la carte scolaire tandis que Fabien Roussel veut renforcer l’accès aux services publics dans les quartiers. Dans le programme d’Emmanuel Macron, pas une ligne. De nombreux élus et associatifs dénoncent cette invisibilisation. Ce que les politiques appellent "la banlieue", c'est 1 500 quartiers "prioritaires" en France, où vivent un peu plus de 5 millions de français (7 % de la population). 76 % des habitants des quartiers vivent dans un logement social, et 40% vivent dans la pauvreté contre 16% dans l’ensemble de la population. Le taux de chômage des jeunes dépasse 40 % dans certaines villes (Sarcelles, Grigny, ou certaines communes de Seine-Saint-Denis). En 2005, les quartiers populaires s’étaient révoltés après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois, et 17 ans après, la tension est toujours permanente entre les jeunes et la police, comme on le voit à Sevran, Aulnay-sous-Bois et Tremblay-en-France après la mort d'un habitant, tué par un policier lors d'un contrôle fin mars 2022. Les quartiers aujourd’hui, c’est le trafic, c’est moins de police de proximité, moins de médecins, moins de magistrats, des profs qui sont des premiers postes donc mal payés et pas expérimentés, mais c’est aussi une vitalité incroyable, des jeunes qui créent des emplois, qui sont investis dans le travail social, qui font des études et qui vivent loin des clichés.

Notre invité : Amine Kessaci, fondateur de l’association Conscience Nationale.

►  Ces quartiers sensibles sont très souvent marqués par l'abstention, ça explique le désintérêt des politiques ?

►  Est-ce que l’image des quartiers s’est améliorée pour les nouvelles générations ? 

►  C’est quoi la « banlieue » ? On parle de quoi quand on parle de « banlieue » ?