MENU
Accueil
Bboy D12 "Être danseur professionnel en Algérie c'est rien, il n'y a pas de culture hip hop"
Écouter le direct

Bboy D12 "Être danseur professionnel en Algérie c'est rien, il n'y a pas de culture hip hop"

Culture hip-hop du 25 octobre 20214 minutes
À l'occasion de la super série documentaire Bboys et Bgirls Africa sur Arte, direction Alger à la rencontre avec BBoy D12.

Depuis le 01 octobre la plateforme Arte.tv propose la série documentaire Bboys et Bigirls Africa, 7 épisodes réalisés par Marc-Aurèle Vecchione à la découverte des breakeurs et breakeuses d’Afrique du Sud, du Congo, du Nigeria, du Maroc et d’Algérie. Direction Alger la Blanche avec l'histoire d'Amine aka Bboy D12, un blaze qu'il a choisi en référence au groupe de rap américain. Boucle d'oreille, casquette vice sur la tête, très souvent accompagné de son chien un husky de toute beauté, Amine ne passe pas inaperçu dans les rues d'Alger, on dirait New York interpelle un passant en introduction de l'épisode consacré au Bboy algérien. "Le reportage avec ARTE c'est une super expérience. Le tournage s'est très bien passé, super ambiance, on se baladait avec les gens, j'ai montré mon quartier, comment je vis, j'ai montré tout, c'est la réalité." 

Bboy D12- Bboys et Bgilrs Africa - Arte ( Photo : Temps Noir )
Bboy D12- Bboys et Bgilrs Africa - Arte ( Photo : Temps Noir )

Je suis un coiffeur la journée et le soir je suis un danseur

D12 danse depuis 10 ans et fait partie du Dziri One Crew comme Bboy Chakal qu'il considère comme son grand frère et qui lui a montré les bases du breaking à l'époque ou il vivait encore à Alger. BBoy Chakal est par la suite devenu champion du Monde Battle Of the Year en 2019 avec son crew bordelais Last Squad. Bboy D12 resté à Alger continue de remporter des battles essentiellement chez lui. "Je suis un coiffeur la journée et le soir, je suis un danseur. Être danseur professionnel en Algérie ce n'est rien, il n'y a pas d'aide, il n'y a pas de culture hip hop, il n'y a même pas de fédération de hip-hop. En 2024, il y a les Jeux Olympiques en France, les Marocains ont fait une équipe nationale de breaking pour aller participer là-bas, mais en Algérie il n'y a rien, rien. "

Bboy D12 ( Photo : Red Bull )
Bboy D12 ( Photo : Red Bull )

En 2024, il y a les Jeux Olympiques en France, les Marocains ont fait une équipe nationale de breaking pour aller participer là-bas, mais en Algérie il n'y a rien

"Sortie interdite" le sous titre de l’épisode consacré à D12, raconte l'impossibilité pour le BBoy de sortir du pays pour représenter l'Algérie dans un batte international. C'était en 2017 au Red Bull BC One international en Hollande. " Quand c'est pour un battle, c'est compliqué d'avoir un visa, mais quand tu vas faire des spectacles  ils te donnent normal un visa de travail. Je ne comprends pas ce système__. Moi, je veux faire des battles , j'aime faire des battles, des compétitions, parce que c'est comme un combat de rue, mais juste avec la danse." 

Le breaking c'est la vie, je fais ça par amour, je me sens très très libre quand je danse, j'oublie tout

Le réalisateur Marc-Aurèle Vecchione n'a pas eu non plus son visa pour aller tourner en Algérie. C'est Bboy Lilou franco algérien, multiple champion du monde de breaking, consultant artistique sur la série documentaire qui a supervisé le tournage. D12 continue de s’entraîner 4 heures par jour à côté du café Arika à Alger, le berceau du breaking comme il dit. il garde le sourire et surtout l’espoir. "Le breaking, c'est la vie, je fais ça par amour, je me sens très très libre quand je danse, j'oublie tout, je suis dans mon monde. J'ai de l'espoir parce que j'ai un niveau international et chaque jour, je m’entraîne dur, j'ai un rêve être un meilleur danseur, être un champion. "

Sur son insta D12  a écrit futur champion et c'est tout ce qu'on lui souhaite.