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Kaiju n°8 : le nouveau phénomène manga
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Kaiju n°8 : le nouveau phénomène manga

A la page du 15 octobre 20214 minutes
Le manga de Naoya Matsumoto a tout pour devenir un succès commercial durable. Déjà un phénomène au Japon, Kaiju n°8 débarque en France avec de grosses ambitions.

Écrit et dessiné par Naoya Matsumoto, Kaiju n°8 s'annonce comme le phénomène manga de l’année. 

L'action se déroule dans un monde où des monstres géant attaquent l’humanité. Kafka Hibino a 32 ans et quand il était enfant, son rêve ultime était d’intégrer les Forces de Défense qui luttent contre les Kaijus. Il a raté l’examen plusieurs fois et au moment où l’histoire commence, il est tout en bas de l’échelle : il est chargé de nettoyer les rues des gigantesques cadavres de Kaijus tués par le bataillon qu’il rêvait de rejoindre. Il est donc condamné à regarder son amie d’enfance Mina Ashiro, 27 ans, devenir une combattante d’élite, alors qu’ils s'étaient fait le serment de combattre ensemble… On lui colle dans les pattes un nouveau collègue, Reno Ichikawa, 18 ans, beau gosse, au caractère obstiné, plein de promesses - l’inverse de lui - et le duo qui s’apprécie peu au départ va devoir travailler ensemble et devenir uni – le ressort de tout buddy movie qui se respecte. Un beau jour, Kafka avale sans faire exprès un Kaiju minuscule et il se transforme en créature hybride, moitié humain moitié monstre…

Le succès du premier tome

Kaiju n°8 a été lancé à l’été 2020 sur l’appli Shonen Jump +, qui est la déclinaison numérique du magazine mythique Shonen Jump, la bible du manga, et il a très vite conquis un public large : plus de 4 millions d’exemplaires ont été vendus en 3 tomes – c’est le manga le plus vendu de l’histoire de la plateforme. En France, la maison d’édition Kazé a mis les gros moyens : 250 000 exemplaires pour le premier tome qui est sorti la semaine dernière – c’est le plus gros tirage pour un lancement de manga en France. Le même volume est prévu pour le tome 2 qui sortira le 8 décembre. La France est le deuxième marché mondial du manga, derrière l’Asie et devant les États-Unis, les ventes ont été multipliées par deux entre 2020 et 2021 et rien qu’entre janvier et juillet, 25 millions de mangas ont été vendus en France. Cette mode explique en partie la campagne monstre dont a bénéficié Kaiju n°8  : des spots télévisés, au cinéma, et un affichage grandeur nature à la BNF à Paris (un kaiju de  46 mètres de hauteur sur 13 étages).

Godzilla, de Ishirō Honda (1954)
Godzilla, de Ishirō Honda (1954)

Le "kaiju" désigne un monstre géant, surgissant de nulle part, ravageant les villes et s'en prenant à la population, popularisé par le film Godzilla (de Ishirō Honda) en 1954. C’est une figure qui a marqué la pop culture : on peut aussi citer King Kong ou Pacific Rim, et les japonais s’en sont servi pour représenter leurs peurs, par exemple la menace nucléaire, puis le capitalisme, ou la Guerre Froide, et plus récemment les catastrophes naturelles. L'héritage de Kaiju n°8 est également à chercher du côté d’Ultraman, série japonaise culte des années 60, qui opposait une patrouille d’élite en combinaison moulante à des kaijus.

Ultraman, 1966
Ultraman, 1966

Kaiju n°8 est taillé pour le grand public : action, humour et un questionnement sur l’avenir de l’humanité. C’est rythmé, la narration s’enchaîne sans temps morts, les dessins sont dynamiques, berf tout est présent pour en faire un blockbuster du manga. On pense forcément à L’Attaque des Titans, mais Kaiju n°8 est vraiment différent : moins sombre, plus urbain, et les dessins n’ont rien à voir. C’est aussi un manga assez mature. Traditionnellement, les shonen mettent en avant des hommes très jeunes, ce qui n'est pas le cas ici. Le héros a la trentaine, c’est un loser, qui vit seul dans son appartement au milieu des canettes de bière vides et des boîtes de nouilles instantanées. Ses illusions appartiennent au passé, son quotidien est un peu sordide, il n'a pas eu la vie dont il rêvait gamin et a une dernière opportunité pour réaliser son rêve. Le manga offre également aussi une petite réflexion sur la classe ouvrière et les sans-grades, sans trop insister. 

Taillé pour le grand public 

Kaiju n°8 est taillé pour le grand public : action, humour et un questionnement sur l’avenir de l’humanité. C’est rythmé, la narration s’enchaîne sans temps morts, les dessins sont dynamiques, bref tout est présent pour en faire un blockbuster du manga. On pense forcément à L’Attaque des Titans, mais Kaiju n°8 est vraiment différent : moins sombre, plus urbain, et les dessins n’ont rien à voir. C’est aussi un manga assez mature. Traditionnellement, les shonen mettent en avant des hommes très jeunes, ce qui n'est pas le cas ici. Le héros a la trentaine, c’est un loser, qui vit seul dans son appartement au milieu des canettes de bière vides et des boîtes de nouilles instantanées. Ses illusions appartiennent au passé, son quotidien est un peu sordide, il n'a pas eu la vie dont il rêvait gamin et a une dernière opportunité pour réaliser son rêve. Le manga offre également aussi une petite réflexion sur la classe ouvrière et les sans-grades, sans trop insister.

La métamorphose

Enfin, Kaiju n°8 explore le thème de la métamorphose, archi-rebattu dans le manga (Demon Slayer, L’Attaque des Titans, Jujutsu Kaisen) mais aussi dans la littérature classique. Par exemple dans La Métamorphose de Franz Kafka, sa célèbre nouvelle de 1915, un jeune commercial déprimé se réveille un matin transformé en insecte monstrueux. Ce n'est pas pour rien que le héros de Kaiju n°8 s’appelle Kafka…

Kaiju n°8, Naoya Matsumoto, Kazé Manga
Kaiju n°8, Naoya Matsumoto, Kazé Manga