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Le manque de diversité dans l’édition en France
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Le manque de diversité dans l’édition en France

A la page du 10 septembre 20213 minutes
Le milieu littéraire est enfermé dans l'entre-soi, mais des initiatives se mettent places pour rendre la littérature accessible à tous.

S'il y avait une couleur pour résumer la littérature en France, ce serait... le blanc. Le monde de l’édition est cadenassé : il est concentré à Paris, avec des gens qui viennent très souvent du même milieu social, des patrons aux stagiaires. Le PDG des éditions Grasset avouait en début d’année que l'univers des livres français est "très, très white"  et l'écrivaine Faïza Guène résume la situation avec une belle punchline :  "le  prix Goncourt, c’est le disque d’or des blancs". Autrement dit, les histoires racontées dans les livres contemporains concernent les mêmes personnes et excluent toute une partie de notre société… 

Heureusement, des initiatives se mettent places pour rendre la littérature accessible à tous et de jeunes écrivains émergent, comme Gael Faye (dans Petit Pays en 2016 il racontait à sa manière le génocide rwandais) ou Fatima Daas (La Petite Dernière, qui vient de sortir en livre de poche, raconte l’histoire d’une jeune française d’origine algérienne de Clichy-sous-Bois, qui est musulmane pratiquante et lesbienne et refuse de choisir entre les deux). Du côté de la production et de la diffusion, certaines maisons d’éditions font aussi tourner la roue. C'est le cas de La Grenade, un label créé il y a 1 an et demi, qui a déjà publié 14 livres - dont le premier roman d’Oxmo Puccino.  J’ai demandé à son fondateur, Mahir Guven, de m’expliquer ses motivations :

Mahir Guven, fondateur de La Grenade

Cette idée qu’il n'existe pas de sous-culture et pas de sous-auteurs, c’est aussi ça qui a poussé Ouafa Mameche à lancer les éditions Faces Cachées :

Ouafa Mameche, fondatrice des éditions Faces Cachées

Ouafa qu’on peut retrouver dans After Rap le dimanche à 20h sur Mouv. Les éditions Faces Cachées ont déjà publié 6 ouvrages, dont Je suis de Bakary Sakho, ou l’autobiographie de Manu Key, fondateur de la Mafia K’1 Fry (Les Liens Sacrés). 

Si les écrivains issus de la diversité sont de plus en plus nombreux, c'est aussi parce qu'il y a une demande de la part de nouveaux lecteurs, qui ont envie que les histoires collent plus à leur réalité, comme l'explique Ouafa :

Ouafa Mameche explique le rapport des lecteurs aux auteurs et la nouvelle approche de Faces Cachées

La conclusion, c’est que littérature, c’est pour tout le monde ! Que vous veniez d’un quartier, de la campagne, d’un centre-ville ou d’ailleurs, tant que vous avez quelque chose à dire et que vous avez une manière bien à vous de le dire, vous êtes légitime pour lire ET pour écrire. Alors si vous avez envie, prenez la plume, l’avenir c’est vous...