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A la page du vendredi 03 septembre 2021
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A la page du vendredi 03 septembre 2021

A la page du 03 septembre 20214 minutes
A l'occasion de la rentrée littéraire où tous les livres sortent en même temps (521 romans rien que cette année !), Mouv' te fait découvrir G.A.V. signé Marin Fouqué.

G.A.V. raconte une nuit dans un commissariat où plusieurs personnes sont en garde à vue, et on va suivre chacun des personnages. Il y a 3 jeunes émeutiers arrêtés à la fin d’une manif, 1 mec bourré qui a été interpellé en train d’arracher un panneau, 1 collégien qui voulait faire une dinguerie dans son école mais aussi 1 femme qui bosse comme manutentionnaire, victime de harcèlement et qui a voulu se venger de son boss, 1 manifestant pacifiste, et des policiers.

Le personnage principal s’appelle Angel et vient d’un quartier. Il est habitué à se faire contrôler plusieurs fois par jour, et il est là par erreur, à cause d’une histoire de coups de feu tirés dans sa cité et d’un sac à dos plein de shit.   

On est dans la tête des personnages et on progresse avec eux dans la garde à vue. On suit l’interpellation, la fouille, l’interrogatoire, jusqu'à la sortie. On apprend des choses sur leur passé, sur leurs états d’âme, et on comprend comment ils sont arrivés là. C’est un roman polyphonique (plusieurs personnages qui parlent), et l'auteur a une façon d’écrire différente pour chacun des personnages : le rythme des mots qui change, des expressions particulières, un autre vocabulaire…   

G.A.V. est signé Marin Fouqué. Il a 30 ans, il vit en Seine-Saint-Denis, il anime des ateliers d’écriture, il fait aussi de la boxe, il écrit de la poésie, du rap, des nouvelles, et il mélange tout ça sur scène dans des spectacles. C’est son deuxième livre et on sent qu’il sait de quoi il parle. Marin Fouqué est aussi connecté à l’époque actuelle, déjà dans ses références : par exemple le personnage  principal écoute du PNL et du Frank Ocean, il a des débats avec ses potes sur Kekra, Kaaris, 13 Block, Lacrim, SCH… Et ensuite dans les thèmes abordés : il parle des violences policières, des mecs qui se sentent obligés d’être virils pour exister, des violences faites aux femmes et de tous les exclus de la société… D’ailleurs le livre est dédicacé « « Aux personnes qui s’accrochent, À celles que l’État assassine, Aux suicidé.e.s de la République, Aux rescapées du patriarcat, Aux parias. » » Le roman commence et termine par 2 citations de Diams, tirées du titre « Si c’était le dernier »...