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Une œuvre street-art fait polémique à Grenoble
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Une œuvre street-art fait polémique à Grenoble
Une œuvre street-art fait polémique à Grenoble ©Radio France

Une œuvre street-art fait polémique à Grenoble

« L’Etat matraquant la liberté », l’œuvre désormais célèbre de l’artiste Goin a été vandalisée, dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 juin, à Grenoble. La fresque de 6 mètres sur 3 est au cœur d’une polémique interminable depuis sa création vendredi 24 juin dans le cadre du Grenoble art fest, un festival de street-art dans la capitale des Alpes.

La peinture ne peut être plus explicite. Deux CRS, matraques en main et boucliers gravés d’un gros 49-3, tabassent une Marianne à terre. La femme, symbole français, se protège d’une main tandis que son autre bras tient difficilement le drapeau tricolore.

L'oeuvre de Goin "L'Etat matraquant la liberté" vandalisée ©Radio France

Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 juin, l’œuvre a été taguée et vandalisée.. On y voit écrit à la bombe : « Stand up for the French Police »,  l’hymne imaginé par plusieurs supporters Irlandais en ce début d’Euro de foot.

Humour, réel acte revendicatif ou euphorie footballistique du moment ? Difficile à dire. Mais ce geste ne surprend pas Jérôme Catz, l’organisateur du festival :

Dès la création de l’oeuvre, les syndicats de policiers et les élus de l’opposition s’indignent, considérant la fresque comme étant « anti-flics. » L’affaire remonte même aux plus hautes instances gouvernementales. Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, se fend d’un tweet pour défendre la police :

Pour Goin pourtant, c’est bien l’Etat qui est visé dans sa fresque, et non les policiers  : « Je comprends évidement la réaction des syndicats de police. Ils devraient faire preuve de plus de Self-Control dans ce genre de situation, cela fait partie de leur métier il me semble... »

Toutes ces réactions hostiles envers son œuvre n’étonnent pas l’artiste : « Ils ne comprennent rien à l'art, à la vie et à l'amour. Ils ne connaissent que le 1er degré et nous éduquent ainsi à éviter toute réflexion profonde. »

Il est vrai que Goin est un habitué des polémiques. Sa fresque « Need food, not football » peinte à Athènes avait déjà suscité de nombreuses réactions négatives.

Crédit photo : Max PPP