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Six femmes photographes de hip hop à (re)découvrir
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6 femmes photographes de hip hop à (re)découvrir
6 femmes photographes de hip hop à (re)découvrir ©Radio France

Six femmes photographes de hip hop à (re)découvrir

La street culture s’insinue lentement dans nos musées. En France, bien que la photographie hip hop demeure confinée à l’underground, boudée des médias mainstream et les grandes galeries d’art, des femmes artistes officient dans l’ombre et contribuent à rendre ce mouvement visible et vivant depuis des années

Hélène Tilman

Quand Hélène Tilman écoute la radio à l’âge de 15 ans, elle est instantanément séduite par l’énergie du rap et sa critique acerbe de la société. Quelques années plus tard, déjà suspendue à son appareil photo, elle quitte sa banlieue parisienne pour New York le temps d’un stage à la School of Visual Arts. De retour en France, son diplôme des Beaux-Arts en poche, elle devient l’assistante du célèbre photographe de mode Roberto Frankenberg de 2006 à 2008. Elle se lance alors dans le portrait et photographie des figures du rap français  (Bams, Ol’Kainry, Sté Strausz, Shurik’N, Casey, Akhenaton Princess Anies, Medine…) et des danseuses hip hop , qui incarnent à ses yeux puissance et détermination alliant art et athlétisme. La photographe/plasticienne prépare actuellement une exposition de clichés argentiques en noir et blanc réalisée avec des jeunes en atelier relais, qui se déroulera tout le mois de septembre à la médiathèque Marguerite Duras à Paris.

Femmes photographes_Tilman
Femmes photographes_Tilman ©Radio France

Nina Kramer

Ancienne danseuse hip hop , la Berlinoise Nina Kramer passe un jour derrière l’objectif pour shooter ses acolytes. Photographe officielle de Red Bull BC One, compétition internationale annuelle de breakdance lancée en 2004 par la marque de boissons énergétiques, elle organise égalementdes soirées hip hop  et des battles de danse  dans le monde entier. L’artiste shoote les phases spectaculaires des B-girls et B-Boys qu’elle s’amuse à mettre en scène dans des environnements surprenants, les faisant jouer avec le mobilier urbain, sur des toits ou dans des sites historiques.

Femmes photographes_Kramer
Femmes photographes_Kramer ©Radio France

Melika Dez

Diplômée en film et communications cettephotographe et vidéaste  québécoise Melika se spécialise très tôt dansle portrait et la photographie de street dance . Basée à Montréal, elle travaille notamment pour Ladies of Hip Hop, manifestation annuelle à New York qui rend hommage aux actrices de toutes les disciplines du hip hop (deejaying, rap, graffiti et breakdance), le festival montréalais Bust A Move, et Kalmunity Vibe, un collectif d’improvisation musicale qui mêle hip hop, jazz, soul, afro-beat et électro.

 Femmes photographes_Dez
Femmes photographes_Dez ©Radio France

Maï Lucas

En grandissant à Paris, la photographe d’origine franco-vietnamienne fréquente « la bande des Halles », dont Jean-Baptiste Mondino, Jean-Paul Gaultier et Serge Kruger, qu’elle croise aux célébrissimes Bains Douches. A seulement 18 ans, elle assiste le photojournaliste et réalisateur franco-américain Stéphane Sednaoui et le photographe de mode anglais Nick Knight. Elle découvre New York et le milieu hip hop où elle rencontre notamment Afrika Bambaataa, A Tribe Called Quest  etGhostface Killah . Fascinée par la capacité de cette sous-culture à propulser de nouvelles tendances sociétales, elle développe un style hybride urbano-universel très coloré et lumineux . En parallèle d’expositions internationales, elle étend son travail aux domaines de la publicité, de la mode et de la musique et photographie des anonymes dans la rue et des célébrités (Tricky, Amy Winehouse, La Fouine, Rakim…).

 Femmes photographes_Lucas
Femmes photographes_Lucas ©Radio France

Janette Beckman

D’origine londonienne, Janette Beckman s’installée à New York en 1982. Son premier concert de rap lui fait l’effet d’un électrochoc et elle décide de délaisser son travail sur la scène punk pour se plonger dans le hip hop.A partir du milieu des années 80 , elle évolue dans ce milieu underground, munie de son appareil photo, et shoote les pionniers du rap :  Salt-N-Pepa, Run DMC, Roxanne Shante, MC Lyte, Jam Master Jay, Big Daddy Kane, Slick Rick ou encore la pochette de l’album Unfinished Business de EPMD en 1989. Ces rencontres sont compilées en image dans son ouvrage The Breaks, Stylin and Profilin 1982-1990  (PowerHouse Books, 2007). Devenue une légende de la photo hip hop, elle organise des expositions sur toute planète, dont une à La Bellevilloise à Paris en 2012.

 Femmes photographes_Beckman
Femmes photographes_Beckman ©Radio France

Sue Kwon

Célèbre pour ses clichés des quartiers new-yorkais des années 90 , l’Américaine Sue Kwon a aussi réalisé des portraits en noir et blanc de légendes du rap  telles que les Beastie Boys, Notorious B.I.G et Wu-Tang Clan , rassemblés dans son livreStreet Level  (Testify Books, 2009). Initialement photographe pour The Village Voice, elle se retrouve à shooter des clubs underground jamaïcains  du Queens ainsi que les plus grands événements hip hop de New York dont elle tire des clichés de Eve, Ol’ Dirty Bastard, Pharell Williams, Dr. Dre ou Jay Z. Parallèlement, elle poursuit son projet sur la ville, qui oscille entre misère, urbanité et onirisme, et travaille pour les labels Sony, Def Jam, Sony et Loud Records.

 Femmes photographes_Kwon
Femmes photographes_Kwon ©Radio France

Crédit photo fleuve : EVE©  Sue Kwon

Crédit photo accueil : Casey par Hélène Tilman