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Miss France : des féministes attaquent le concours aux Prud’hommes
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Election de Miss France 2021 (Loïc Venance)
Election de Miss France 2021 (Loïc Venance) ©AFP

Miss France : des féministes attaquent le concours aux Prud’hommes

Une association féministe et trois plaignantes lancent un procès pour "non-respect du code du travail et discrimination".

C'est du jamais vu en France : l'association Osez le Féminisme ! se joint à trois femmes refusées au concours de Miss France pour porter plainte contre les entreprises qui organisent le concours. Leur angle d'attaque ? Le non-respect des droits du travail.

Cela fait longtemps que Miss France fait débat, et pas seulement au sein du féminisme. Ce concours, jugé rétrograde par beaucoup de Français, a pris un vrai coup de vieux ces dernières années. Mais Osez le Féminisme ! fait un pas de plus dans la critique de Miss France : avec l'aide de trois femmes qui n'ont pas été acceptées au concours, l'association va tenter de prouver que le concours ne respecte pas le code du travail, et ainsi pointer du doigt son fonctionnement discriminatoire.

Des candidates qui travaillent sans contrat

L'association a pour but de prouver que les conditions de vie des participantes de Miss France s'apparente à du travail, ce qui requerrait alors un code du travail. Or, ce dernier étant basé sur des critères non-discriminatoires, Miss France serait dans l'illégalité totale : pour Osez Le Féminisme !, en plus d'imposer des critères de recrutement illégaux à ses candidates, les entreprises les feraient travailler sans contrat. Les sociétés de production demandent du temps et de l'investissement à leurs candidates à des fins économiques, ce qui requiert, selon les demanderesses, du droit du travail. En effet, dès la participation des candidates à l'édition locale de l'émission, celles-ci doivent donner du temps "sans rapport avec la vie privée", selon l'avocate de l'association.

Par ailleurs, il est vrai que les critères de recrutement du concours sont au mieux vieillots, au pire très discriminatoires : les participantes doivent faire au moins 1m70, être célibataires (et ne jamais s'être mariées !), ne pas avoir de tatouages et de piercings visibles, ne pas boire d'alcool ou fumer en public, ne pas avoir d'enfant, et, plus généralement, leur présence au concours dépend avant tout de leur apparence physique. Si l'on compare ces critères à ceux d'un recruteur dans une entreprise, ils sont en effet impertinents et dépassés. Le Haut Conseil à l'Egalité avait déjà fait état, en 2019, d'une "caricature archaïque" présentée par le concours. Beaucoup d'associations féministes protestent d'ailleurs, chaque année, contre la tenue de ce concours qu'elles considèrent sexiste.

Prenant toutes ces conditions en compte, Osez Le Féminisme ! et ses soutiens ont donc porté plainte contre Miss France et Endémol, sa société de production. Ces dernières n'ont pas répondu, mais le procès risque d'être tendu, même si quoi qu'il en soit, l'édition 2022 du concours devrait toujours avoir lieu.