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Le manga en traduction simultanée pour lutter contre le piratage
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Le manga en traduction simultanée pour lutter contre le piratage
Le manga en traduction simultanée pour lutter contre le piratage ©Radio France

Le manga en traduction simultanée pour lutter contre le piratage

La France est le deuxième marché mondial du manga derrière le Japon. Mais les ventes sont en baisse, la faute au piratage des BD, scannées en japonais et traduites par des amateurs. Les lecteurs ne veulent plus attendre la sortie des versions françaises, alors les éditeurs prennent les choses en main et se lancent dans la traduction simultanée.

Lire le dernier chapitre de Naruto Gaiden , quasiment dès sa sortie au Japon, sans passer par des cours de japonais, c'est désormais possible. La série, éditée par Kana, est une des toutes premières à tester la "simultrad ": la traduction simultanée. Sur le même modèle que les séries américaines qui sortent en France 24h après leur diffusion américaine, le manga est disponible chez nous presque en même temps que de l'autre coté de la planète.

La Course contre la montre

Tous les weekends, les planches de Naruto  sont envoyées à Kana trois jours avant leur parution, sous très haute sécurité, pour éviter la fuite.

Les équipes de traduction travaillent alors sans relâche pour sortir une première version française au plus vite, en général quelques jours après la sortie japonaise. Tout ça pour éviter que les lecteurs impatients se reportent vers lesscantrads , ces versions piratées et traduites à la va-vite par des japonophones amateurs.

Pascal Benattar, responsable des anime chez Kana, explique :

C'est tout le temps le rush pour respecter les deadlines, aussi bien pour les manga que pour les anime.

Car il ne faut pas seulement traduire, mais aussiretoucher les pages , avec des équipes de graphistes, qui remplacent une partie des onomatopées japonaises par leur version française.

Pas de rentabilité pour l'éditeur

Une fois terminées, la vingtaine de pages est disponible sur la plateforme de lecture en ligne Izneo, pour 49 centimes d'euros . D'après Pascal Benattar, ça ne rapporte pas d'argent à l'éditeur:

Pour le lecteur, ça revient au même prix de suivre la série en simultrad, que d'attendre deux mois la version papier. Mais pour nous ce n'est pas rentable du tout.  Entre les traducteurs, les graphistes et la sécurisation des envois depuis le japon, ça fait beaucoup de monde à payer en plus.