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Angoulême 2016 sexiste : rien que des boules dans les bulles
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Angoulême 2016 sexiste : rien que des boules dans les bulles
Angoulême 2016 sexiste : rien que des boules dans les bulles ©Radio France

Angoulême 2016 sexiste : rien que des boules dans les bulles

Trente hommes, aucune femme. La sélection 2016 pour le Grand Prix d’Angoulême fait totalement l'impasse sur les auteures de BD. En réaction, Riad Sattouf et Joann Sfar se retirent de la compétition. Un collectif de créatrices de BD appelle au boycott du Grand Prix.

MAJ / 16h45 : Face à la polémique, la direction du Festival annonce que la liste sera amendée pour y intégrer des femmes. Aucun des noms ne sera retiré, mais la liste sera allongée. Et d'ajouter que le Festival "ne peut pas refaire l'histoire de la BD ", estimant que les femmes ne représentent moins de 15% des créateurs du 9 ème art.

"Bande dessinée", "bulle", "couleur", "encre de chine"... Autant de termes féminins qui caractérisent une profession longtemps dominée par les hommes. Depuis les années 70 pourtant, le métier d'auteur de BD s'est largement féminisé.

Sauf que la (prestigieuse) sélection du Grand Prix d'Angoulême 2016 n'en tient absolument pas compte.

La parité selon Binet © Fluide Glacial
La parité selon Binet © Fluide Glacial ©Radio France

Nous nous élevons contre cette discrimination évidente, cette négation totale de notre représentativité dans un médium qui compte de plus en plus de femmes [...] On en revient à la notion de plafond de verre, toujours aussi désastreux : on nous tolère mais pas en haut de l’affiche. Les femmes en bande dessinée, doivent rester des « auteurs confidentiels » par usage ?

BD Egalité rappelle que depuis la création du festival il y a 43 ans, une seule femme a reçu le grand prix : Florence Cestac, créatrice notamment des Déblok  et distinguée en 2000.

Pourquoi aucune femme nommée ? Florence Cestac a la réponse
Pourquoi aucune femme nommée ? Florence Cestac a la réponse ©Radio France

Solidarité masculine

Dès la publication de la liste, Riad Sattouf (Fauve d'Or en 2015 pour le 1er tome de l'Arabe du Futur) a décidé de refuser sa nomination, par le biai d'un message Facebook dans son style bien a lui :

Rapidement, le dessinateur a fait des émules, à commencer par l'incontournable Johann Sfar, quatre fois récompensé à Angoulême. Le dessinateur, qui faisait son "Coming out féministe" en 2013 sur France Inter, s'est lui aussi fendu d'un billet sur Facebook.

Dans la foulée, Daniel Clowes, Etienne Davodeau, Pierre Christin, Charles Burns, Milo Manara et Christophe Blain (co-auteur de La Fille , projet féministe avec Barbara Carlotti) on choisi de bouder le Grand Prix.

A man's man's world?

Si le Grand Prix de la ville d'Angoulême n'est qu'honorifique (pas de dotation financière) et récompense une carrière plutôt qu'un album, c'est le prix le plus prestigieux de la BD franco-belge. Son attribution a toujours unimpact très positif sur les ventes de l'auteur .

L'an dernier, seule la Franco-Iranienne Marjane Satrapi figurait dans la sélection. Depuis 2014, la direction artistique du festival établit la liste par un vote à partir d'une préselection plus large. Invitée de France Info ce 6 janvier, la Ministre de la culture Fleur Pellerin s'est dite "un peu perturbée "  par cette liste 100% mâle :

Car si la BD a longtemps été un univers d'hommes (comme pas mal de métiers), les femmes sont de plus en plus présentes. On ne compte plus les dessinatrices et scénaristes de renom. Impossible d'en dresser la liste ici. Impossible, pour les organisateurs du festival d'Angoulême, de passer à côté.

Images d'illustration : © Gally / © Pochep Philippe