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Quel sera le premier biopic consacré au rap français ?
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Quel sera le premier biopic consacré au rap français ?
Quel sera le premier biopic consacré au rap français ? ©Radio France

Quel sera le premier biopic consacré au rap français ?

La question mérité d'être posée.

NWA, Notorious Big, Eminem, Fifty Cent, bientôt Tupac et le Wu-Tang : le biopic plus ou moins romancé de rappeur est un genre qui fonctionne à merveille aux Etats-Unis, Straight Outta Compton se permettant même de battre quelques records au box-office. Comme si cela ne suffisait pas, l’adaptation prochaine du roman Labyrinth, dépeignant l’enquête au sujet des meurtres de Tupac et Biggie, avec Johnny Depp et Forest Whitaker en tête d’affiche, constitue l’un des évènements cinématographiques de l’année, prouvant l’intérêt toujours plus fort envers la représentation sur grand écran des icônes du mouvement hip-hop américain.

En comparaison, la France fait grise mine. Si le tournage d’un film traitant de l’émergence du hip-hop en France dans les années 90 est programmé, il faudra certainement plus qu’un “profil habité d’une énergie animale, entre 18 et 23 ans, allant du type Métisse Africain jusqu’à Maghrébin foncé de peau, en passant par les DOM-TOM” dans le rôle de Joeystarr pour éveiller l’enthousiasme du public. A l’heure actuelle, le seul biopic de rappeur français réellement disponible sur le marché s’appelle donc KOPP, un long-métrage surréaliste en trois parties plus remarqué pour son amateurisme et ses répliques improbables que pour la qualité de son scénario, et pas vraiment validé par le principal intéressé.

Le rap français regorge pourtant de bon nombre d’histoires et de success-stories qui auraient leur place sur grand écran, si un studio important prenait le risque de proposer un budget à la hauteur et engageait suffisamment de scénaristes talentueux -toute référence à l’auteur de cet article n’est évidemment pas fortuite. En attendant que ce fameux biopic sur NTM et les pionniers du rap français se mette en place, ou qu’un quatrième chapitre de KOPP soit tourné, voici donc quelques propositions de films qui pourraient -ou non- péter le score au box-office.

Le Secteur Ä

L’un des cas les plus évidents, tant le collectif géré par Kenzy suscite encore les fantasmes et les interrogations, une vingtaine d’années après son heure de gloire.

Le scénario : A l’image de nombreux films mythiques du cinéma hollywoodien, on est clairement face à une pièce en trois actes : 1. Quelques mecs partis de rien qui ont les mains faites pour l’or mais qui les plongent dans la merde 2. L’arrivée au sommet, la gloire, les costards, les banquiers heureux, bref, push it to the limit 3. La chute inéluctable.

La scène post-générique : Un happy-ending où tout le monde apparaît vieilli de 20 ans, repart en tournée, et vend des best-of.

L’acteur improbable : Prince Waly, qui aurait juste besoin d’enfiler une paire de lunettes rondes pour coller au personnage -les mêmes bonnes joues, les mêmes sourcils fins, la même moustache

Jul

Sur le principe, ça peut sembler bizarre de vouloir raconter la vie d’un mec qui semble passer son temps enfermé en studio sans voir le monde extérieur, mais attendez qu’un producteur de cinéma peu scrupuleux tombe sur les chiffres de ventes de Jul et se décide à les convertir en entrées de cinéma.

Le scénario : L’idée ici serait de raconter le parcours chaotique du marseillais avant son succès définitif. Malheureusement, il n’a jamais eu la vie facile, et l’entrée en prison de son petit frère à 16 ans à peine, l’assassinat de son manager en 2014, et les règlements de comptes autour de lui. Le point de départ serait donc ce jour où Jul, après 5 mois passés en BEP vente, décide de ne plus mettre les pieds et lycée, se lance dans les chantiers avec son père, et télécharge son premier logiciel d’enregistrement de voix, et le point d’arrivée serait le lancement du label D’Or et de Platine, après les péripéties connues avec Liga One.

La scène post-générique : La remise des Victoires de la Musique en 2017, et un diaporama de personnalités faisant le signe Jul.

L’acteur improbable : Robert Iler, celui qui interprétait le mémorable Anthony Soprano Junior, et à qui il suffira d’une bonne teinture, d’un survet de Chelsea, et d’un cours de marseillais pour entrer dans la peau de Jul.

MC Jean Gab1

A la lecture de son “auto-biographie, nul doute que le vécu de MC Jean Gab1 est l’un des plus fascinants de tout le rap français. Enfance très difficile en France, braquages et prison en Allemagne, convois de voitures volés en Europe de l’Est, virées entre gangsters aux Etats-Unis : les histoires contées par le rappeur ont de quoi alimenter une bonne grosse trilogie et engendrer quelques spin-off.

Le scénario : Rien de compliqué cette fois-ci, on reprend les éléments dans l’ordre, pour un pur biopic traditionnel. Dans la dernière partie du film, consacrée à sa carrière de rappeur, on revient évidemment sur l’enregistrement de J’t’emmerde, ses passages chez Ardisson et Ruquier, ou encore sa fameuse vidéo “à 7 contre 2, j’ai juste un scratch.

La scène post-générique : Quelques extraits coupés au montage de ce mythique numéro de 17ème sans ascenseur.

L’acteur improbable : Lomepal et Blanche Gardin dans le rôle des Rita Mitsouko, pour une scène qui s’annonce légendaire.

Lacrim

Même principe que Gab1 mais dans un style différent, Lacrim a déjà mis le pied à l’étrier avec sa série Force & Honneur, et a gardé beaucoup de vécu sous le pied pour nourrir un bon gros scénario fait de braquages, de freestyles à Marbella, et de garde-robe Philippe Plein.

Le scénario : Contrairement à Gab1, on est purement dans la success-story. Pour faire simple, on pourrait même reprendre le fil conducteur du clip J’ai Mal, et développer à partir de ces coupures de journaux. L’aspect intéressant, c’est qu’après la classique en trois actes 1. le jeune délinquant qui enchaine braquages et prison 2. le succès, les millions et les feats avec French Montana 3. la chute avec la cavale et le retour en prison, on a cette fois droit à un happy-ending puisque tout va à nouveau pour le mieux pour le rappeur, qui tourne actuellement des clips avec Snoop Dogg et Rick Ross - excusez du peu.

La scène post-générique : Un freestyle dans lequel Nessbeal annonce enfin son retour définitif (ok on a le droit de rêver).

L’acteur improbable : Moha la Squale dans le rôle du jeune Mister You.

Diam’s

Une fille d’1m67 qui devient la boss d’un milieu misogyne et machiste, un passé de femme battue, un combat médiatique contre Marine le Pen, une dépression qui finit en internement, une conversion à l’islam, pour finir dans l’humanitaire : techniquement, le parcours de Diam’s possède tous les éléments du drame à la française

Le scénario : L’idée serait de miser sur un film ombre et lumière, avec ce contraste assez terrifiant entre l’image publique d’une fille souriante qui avait l’air de s’éclater dans sa vie d’artiste d’un côté, et cette dépression latente de l’autre -et courant depuis son adolescence.

La scène post-générique : Un truc léger pour finir sur une note positive, genre Diam’s avec son mari et ses gosses en plein milieu d’un pic-nic. On peut aussi se lâcher et ouvrir sur une suite spectaculaire en faisant intervenir une invasion extra-terrestre ou une attaque de robots géants, mais le cinéma français n’est clairement pas assez ambitieux pour ce genre de choses.

L’acteur improbable : Lassana Lestin, l’acteur qui joue Booba dans le film Kopp, et qui reprendrait ici son rôle le temps de quelques répliques légendaires, histoire de boucler la boucle.

Crédit photo : Tony Barson / Getty